Ce matin, sur les marchés de la circonscription, nous avons reçu la visite de Gérard Collomb et de Jean-Jack Queyranne, venant soutenir la candidate socialiste. Comme prévu, entre ces deux tours, les grands moyens sont mobilisés pour tenter de faire basculer à gauche la 4e circonscription. Cette “démonstration” s’accompagne d’un nouvel argument de campagne : il faut voter pour la candidate PS pour que le “modèle municipal” lyonnais puisse venir également inspirer l’Assemblée nationale. Rien de moins.

Cette nouvelle orientation stratégique est finalement assez logique. Le Maire de Lyon sait bien que pour emporter la 4e circonscription, le programme du PS, et ses mauvaises nouvelles, sont un peu courts. Pas sûr non plus que les petite manoeuvres pour tenter de susciter la division à droite suffisent. Alors on essaye de surfer sur le modèle municipal lyonnais.

Cela m’inspire les remarques suivantes.

Je vois mal en quoi ce modèle lyonnais va pouvoir permettre de faire face aux défis qui se posent à notre pays. En quoi ce modèle répond-il à la nécessité d’améliorer constamment la compétitivité de notre économie et de maîtriser le coût du travail, pour créer de l’emploi ? En quoi va-t-il permettre de peser pour que l’Europe soit plus protectrice ? En quoi permet-il d’affronter le défi énergétique ? En quoi permet-il d’inscrire notre système éducatif dans une dynamique de progrès, pour donner toutes ses chances à notre jeunesse ? En quoi permet-il d’assurer la défense des intérêts de la France dans le monde ? Voilà pourtant quels sont les enjeux des élections législatives. Il convient de ne pas se tromper d’élection dimanche prochain.

Ensuite, j’avais cru comprendre que le modèle socialiste lyonnais devait incarner un certain modérantisme. Force est de constater, à l’écouter, que la candidate de la 4e circonscription, Anne Brugnera, est une socialiste plutôt “traditionnelle”.

J’aimerais aussi savoir ce que pensent les électeurs Europe Ecologie Les Verts de cette nouvelle posture de campagne, ce parti venant d’être laminé, avec la frange rebelle du PS local, par ce modèle lyonnais. J’aurais aimé poser la question à Pierre Hémon, mais il ne faisait pas partie de la parade électorale ce matin.

Quant à ce modèle municipal lyonnais en lui-même, nous aurons l’occasion de revenir sur ses prétendus mérites dans les mois qui viennent. Je ferais cependant d’ores et déjà un commentaire. Comme la politique proposée par le PS au plan national, il s’agit de mesures de court terme, qui font “plaisir”, créent une ambiance, mais qui pénalisent le développement durable de la collectivité.