Mai 26

Outre les promesses non tenues, la concertation déficiente, l’action de la gauche plurielle à la tête du 3e arrondissement se sera aussi traduite par des aberrations pour notre vie urbaine. Certes, il s’agit parfois de décisions de niveau Ville de Lyon ou Grand Lyon, mais pour autant, il revient à un Maire d’arrondissement de faire valoir la qualité de vie dans son arrondissement. C’est sa mission première. Sur les affaires que nous allons évoquer il y a eu déficience depuis 2008.

Pour évoquer ces aberrations, je vais consacrer ce premier épisode à la gestion prospective du logement, sujet clé s’il en est puisque cela influe à la fois sur la capacité de se loger et sur la qualité de vie en ville.

Le choix du développement résidentiel a été fait dans le SCOT, avec un objectif de construction de 150 000 logements d’ici 2030 pour les 72 communes concernées par ce schéma. Pour le bassin de vie centre (Lyon-Villeurbanne), cela devra se traduire par 60 000 logements supplémentaires, dont plus de 30 000 hors projets d’urbanisation déjà prévus. Dans un secteur de la ville déjà très dense, cet objectif ne sera pas tenu facilement.

Lors du 1er atelier de concertation sur la révision du PLU-H (Plan local d’urbanisme), le Maire du 3e a déclaré que notre arrondissement devait prendre sa part à la réalisation de cet objectif, et l’adjoint à la démocratie participative a invité les participants à faire des propositions pour déterminer les lieux où il était possible de réaliser de nouvelles constructions, ou de densifier le bâti existant. Les citoyens de l’arrondissement ont donc mission de trouver les m² à densifier autour de chez eux. Avis à la population, pour la densification, la concertation est autorisée !

Je trouve qu’il y a dans cette approche une aberration évidente. On nous demande de chercher des m² pour caser des logements mais depuis sept ans, on a laissé passer la formidable opportunité de créer un nouveau quartier à vivre, au cœur du 3e arrondissement, sur les tènements RVI et Merck. 90 000 m² en plein centre ville urbanisés à marche forcée sans y réaliser de logements de façon conséquente. Ces terrains uniques dans notre ville auraient dû être utilisés aussi pour contribuer au développement résidentiel de la ville.

Ajoutons que cette urbanisation sous forme de logements aurait été une approche valorisante en termes d’urbanisme. D’abord, c’était l’occasion d’assurer la continuité de la ville. Ce secteur RVI est en effet souvent vécu comme un espace de transition entre Montchat, Sans Souci et Monplaisir. Par ailleurs, la dimension des terrains à aménager donnait la possibilité de créer un véritable quartier à vivre, avec ses commerces et équipements, sans déstructurer l’habitat existant, comme nous avons eu l’occasion de le souligner maintes fois. Bref, une belle opportunité perdue !

Autre aberration sur ce secteur. On vient regretter aujourd’hui le fait qu’un projet de pépinière d’entreprises ne puisse se concrétiser sur le tènement RVI. On oublie de rappeler que la pépinière innovante qui existait, à côté, sur le tènement Merck, n’a pas été prolongée !

Pour le cadre urbain, il s’agit d’une erreur lourde, comme nous en avons vu d’autres à Lyon depuis 2001. Le type d’erreur qui freine le développement urbain, et dont il faut ensuite payer le prix.

A venir dans un 2e épisode, d’autres aberrations du mandat Thierry Philip.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , ,

Avr 10

drapeaux

Il faudra que les jeunes soient au cœur de la campagne pour les élections nationales de 2012 : parce que leur vision est précieuse pour construire le devenir de la France et parce que les conséquences de ces élections détermineront largement leur avenir d’adulte. Dans ce contexte, j’ai pris connaissance avec un grand intérêt de l’enquête « 2011 la jeunesse du monde » qui montre que les jeunes Français sont ceux qui sont le plus satisfaits de leur situation, tout en étant les plus pessimistes pour l’avenir.

Cette enquête planétaire a été réalisée par Fondapol auprès de 33 000 jeunes de 25 pays, ayant entre 16 et 29 ans. Le principal intérêt de cette étude est de montrer les différences de perceptions de la jeunesse, selon les pays. A mon avis, elle présente des surprises pour ce qui est de l’opinion des jeunes Français.

Premier constat : les jeunes Français apparaissent plutôt satisfaits de leur situation personnelle : 83 % disent ainsi être satisfaits de leur vie. C’est le 2e niveau le plus haut parmi les pays européens (la moyenne européenne est à 78 %), et il se situe aussi au plus haut au plan mondial. Par ailleurs, 61 % des jeunes Français sont satisfaits de leur travail : c’est le plus haut niveau en Europe, et le 2e rang au plan mondial. Par rapport au travail, les jeunes Français sont ceux qui témoignent du plus grand équilibre entre les trois dimensions suivantes d’une carrière réussie : un bon salaire, un travail intéressant et une bonne ambiance de travail. Ces résultats ne doivent bien sûr pas occulter le problème crucial du chômage des jeunes, qui est l’un des premiers défis de notre société. Mais les résultats de cette enquête, pour d’autres pays avec un chômage élevé chez les jeunes, ne sont pas au niveau de ceux de la France pour la satisfaction au travail.

2e constat : si les jeunes Français sont ceux qui semblent les plus satisfaits de leur situation personnelle, ce sont pourtant ceux qui affichent un pessimisme record. 17 % seulement pensent que l’avenir de la France est prometteur, soit un niveau très bas, comme chez nos voisins européens (25 % en Allemagne, 20 % en Espagne, 22 % en Italie). La situation est différente hors d’Europe : 37 % aux USA, 49 % en Israël, 59 % en Russie, 65 % au Canada, 82 % en Chine ! Des résultats qui font toucher du doigt les problèmes de la « vieille Europe ».

Pour compléter ce constat préoccupant : 53 % des jeunes Français jugent leur avenir personnel prometteur (61 % en Europe, 56 % en Allemagne), et 49 % sont certains d’avoir un bon travail dans l’avenir (71 % en Allemagne, 65 % en Europe).

3e série de constats, sur les projets de vie des jeunes, qui ne manquent pas d’intérêt. Pour les jeunes Français, la première concrétisation d’une vie satisfaisante, c’est de fonder une famille (47 % des interviewés pour une moyenne européenne de 39 %). Quant à leurs projets dans les 15 ans, le plus fréquent chez les Français est d’acquérir son logement (68 % soit le record mondial), et ensuite d’avoir des enfants (58 %, 2e rang mondial).

Résultat intéressant aussi sur une question de société qui figure à l’agenda politique : 67 % des jeunes Français jugent que les immigrés doivent s’intégrer dans le pays d’accueil, soit un niveau élevé que l’on retrouve aussi en Allemagne, en Espagne et au Royaume-Uni. Aux Etats-Unis et au Canada, les résultats sont respectivement de 43 % et 53 %. Ces résultats pour la « vieille Europe » semblent assez éloignés de l’image que l’on voudrait parfois nous imposer d’une jeunesse aspirant à une société mondialisée, fondée sur le multiculturalisme.

Alors que penser de ces résultats, quelle conclusion en tirer pour le projet pour la France que nous devons construire ? Comment interpréter notamment la contradiction entre une situation personnelle actuelle vécue comme relativement satisfaisante (en comparaison avec la situation dans d’autres pays) et le fort pessimisme pour l’avenir : la conviction que le « modèle » français ne pourra plus « tourné » comme dans le passé, une confiance dans l’avenir sapée par l’autodénigrement, 1er sport national, ou encore la difficulté à faire adhérer la jeunesse à un projet « de conquête » ?

Cette enquête planétaire confirme en tous cas l’élan qui existe hors d’Europe, dans les pays « émergents » et ailleurs. Rien que cela doit nous amener à réfléchir.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , ,