Alerté par quelques interrogations dans le microcosme, j’ai été étonné de lire à mon sujet, dans un article de la lettre d’analyse politique Prospective Rhône-Alpes, traitant des prochaines municipales dans le 3e arrondissement, la mention suivante : “Pierre Bérat oscille entre le 3ème et le 6ème“. Je crois qu’il ne faut pas tout confondre. En tant que suppléant de Dominique Nachury, députée de la 4e circonscription, je travaille avec elle sur des questions qui touchent toute la circonscription, du 8e arrondissement au 6e en passant par le 3e Est. C’est ma conception de l’engagement, à savoir faire le job qui vous a été confié.

Mais pour ce qui est des prochaines municipales, il n’y a bien évidemment aucune oscillation. Après cinq années où j’ai affirmé l’opposition à la Mairie PS du 3e (42 interventions en conseil d’arrondissement !), où nous avons assuré la présence sur tout l’arrondissement avec militants et sympathisants, je suis bien évidemment engagé dans la bataille du 3e arrondissement, pour que ce dernier bénéficie d’une autre approche de l’urbanisme, des déplacements, de la sécurité, de la ville active… comme je l’ai évoqué depuis 2009 sur ce blog. Nulle intention de me présenter sur le 6e, nulle recherche d’herbe plus verte ! C’est bien dans le 3e que je compte œuvrer pour que l’herbe soit verte.

De façon générale, je ne conçois pas cette élection municipale sans un ancrage réel dans les différents territoires de notre Cité. C’est d’ailleurs je crois la finalité et l’un des avantages du mode de scrutin spécifique pour Paris, Lyon et Marseille. Si cette élection municipale se déroule sous la forme de neuf scrutins d’arrondissement, c’est pour s’assurer que les élus chargés de gérer la ville soient bien représentatifs de toutes les composantes territoriales, dans toutes leurs spécificités. S’il n’y avait qu’une liste unique, on sait bien que l’on aurait une sur-représentation des quartiers centraux.

C’est cela la logique d’une élection municipale à Lyon : combiner une campagne globale et des campagnes de proximité dans les arrondissements. Il faut un projet et une dynamique d’ensemble, incarnés par la tête de liste centrale. L’UMP a su le réaliser avec le processus des primaires qui a permis de désigner Michel Havard. Il y a ensuite la déclinaison de la campagne et de ce projet dans chacun de nos arrondissements, avec l’ensemble des candidats.

Et la logique de cette combinaison globale/locale ne peut être la recherche du meilleur endroit où atterrir pour s’assurer une élection. Raisonner comme cela, c’est mettre en place des élus “hors sol” qui tout au long du mandat ne “seront pas là” pour traiter les dossiers impactant leur arrondissement, quand ils ne seront souvent tout simplement pas là pour siéger au conseil d’arrondissement.

Non, la bonne dynamique municipale doit être de proposer aux Lyonnais une nouvelle majorité composée d’élus ancrés dans les réalités de la ville, et ce sont ces réalités vécues qui doivent faire la force du projet municipal de la “Génération Lyon”.

Une illustration très concrète de cette nécessaire approche avec le projet Part-Dieu. Bien évidemment, nous parlons d’un projet de niveau d’agglomération et les choix qui doivent s’opérer doivent l’être en prenant en compte les intérêts métropolitains et de l’ensemble de la ville. Mais ces choix doivent l’être aussi en prenant en compte les problématiques de proximité, avec les besoins légitimes des 30 000 habitants du quartier. Ce que je constate, c’est que les élus qui ne vivent pas la Part-Dieu ont en général une vision du secteur sous la forme de l’accès à la gare ou au centre commercial (cf. les discours de Gérard Collomb). Ce n’est pas suffisant, il faut aussi des élus qui portent le vécu du quartier si l’on veut aboutir à des choix équilibrés.

Alors voilà, que les choses soient claires : pour ma part, pas de regard municipal vers le 6e arrondissement. Pas d’oscillation mais de l’ancrage !