L’élection européenne est passée. Après quelques heures pour décanter ses résultats, voici quelques propos en vrac.

 

La préoccupation : l’abstention à 59 %. Même si ce niveau était prévisible, je n’avais pas eu l’occasion de trop le vérifier dans la journée, étant président d’un bureau de vote dans lequel nous avons vu un flux régulier d’électeurs (pour finir à 50 % – seulement ? – d’abstention !). C’est bien sûr un vrai problème. Banalité, mais pour l’éviter, il faudra à l’avenir un vrai débat européen, montrant concrètement ce que l’Europe doit faire et ce qu’elle peut faire. J’entends certains experts ou hommes politiques déplorer que la question de l’entrée de la Turquie ait été abordée dans le cadre de la campagne, au motif que la question ne se posera pas concrètement pendant le mandat à venir des députés européens. Et alors, c’est quand même une question de fond à aborder dès maintenant. Je souscris d’ailleurs aux propos d’un autre expert que j’entendais ce matin et qui disait que la question des « frontières de l’Europe » était un sujet majeur. Point de satisfaction concernant la participation : j’ai vu beaucoup de jeunes venir voter pour la première fois, avec beaucoup de motivation. Et 80 % de participation pour les ressortissants communautaires inscrits dans mon bureau de vote !

 

La satisfaction : le succès des listes UMP, arrivées largement en tête. Avec 28 % au plan national (31 % dans le 3e), le score est élevé. Un score d’autant plus remarquable qu’il intervient dans un contexte doublement défavorable de scrutin proportionnel et d’élection intermédiaire, qui plus est dans un moment de grave crise. Il n’y a qu’à voir pour prendre la mesure du succès la sanction enregistrée par les partis majoritaires en Grande-Bretagne ou en Espagne. C’est une grande satisfaction de constater que les postures « anti Sarkozy » ont échoué. La réalité est là. La démarche de réforme et le volontarisme politique du Président Sarkozy disposent d’un réel soutien. Enfin, autre motif de satisfaction : l’élection de la lyonnaise Nora Berra parmi les 5 élus UMP de la grande région Sud Est.

 

La confirmation : le bon score d’ Europe écologie. Le score de cette liste ne m’a pas vraiment surpris. J’avais discuté ces derniers jours avec pas mal de gens venant d’autres mouvements politiques (pas toujours de gauche) et qui s’apprêtaient à faire ce choix. Je pense que cela marque une tendance profonde de notre société. Reste à préciser quelle doit être la réponse « environnementaliste » aux problèmes et enjeux de notre temps.

 

La surprise : le score du PS. Le climat était logiquement à une grande déception en Mairie du 3e dimanche soir. Lorsque je croise les militants PS que j’ai vus au cours de la campagne sur les marchés, je n’étale pas bien sûr la joie de notre victoire. Je n’oublie pas que victoires et défaites se succèdent. L’année dernière, la déception était pour nous. Et puis entre militants, le respect est là, d’autant plus que je sais qu’ils n’ont pas beaucoup été aidés par leurs élus pendant cette campagne…

 

La réflexion prospective : que sera la gauche demain ? Je ne peux pas m’empêcher de penser aux propos du Maire du 3e sur son blog il y a quelques jours qui écrivait « 26 % d’électeurs, c’est peu et c’est beaucoup » en parlant du score annoncé pour l’UMP. Ce qui est sûr c’est que 15,7 % pour le PS dans le 3e, huit points derrière Europe Ecologie, c’est peu. Ces derniers temps, Thierry Philip, adoptant une posture gaulliste – délivrant des brevets de gaullisme ! -, se plaçait au cœur d’un large rassemblement anti-UMP. Un score de 16 % n’autorise pas vraiment cette position centrale. Que va et que peut proposer le PS flanqué d’un côté d’un pôle « bien à gauche » à 13 % et d’un pôle « Ecolo » à 16 % ?