Fév 04

Dans cette campagne municipale, la majorité socialiste sortante met en avant son bilan. C’est vrai pour l’ensemble de la ville, c’est vrai aussi pour le 3e arrondissement. Cela mérite donc de revenir un instant sur ce qui est avancé. D’autant plus que l’exercice des élus sortants ne manque pas d’emphase…

Je commence en disant que bien évidemment, tout n’est pas négatif dans ce bilan. Je me félicite du début de réalisation de la rue Garibaldi nouvelle (nous le demandons depuis 2000) et nous sommes bien sûr favorables à la poursuite du projet, même si nous réexaminerons certains choix en fonction de notre vision pour la Part-Dieu. Je me félicite aussi du “nouveau foyer de Montchat”, l’Espace Elsa Triolet, un équipement là encore attendu depuis quinze ans. Je maintiens néanmoins, à propos de cet équipement, qu’il n’est pas normal qu’un tel investissement ne permette pas de répondre à tous les besoins du quartier en termes d’animation.

Je trouve également très bien le Salon du livre pour ados et jeunes adultes, qui a été lancé pendant ce mandat et qui s’est tenu ce week-end. Je l’ai visité avec intérêt et c’est une manifestation qui aura notre soutien pour l’avenir.

Tout n’est pas négatif mais pour autant, ce bilan de l’équipe PS n’est pas satisfaisant, et c’est bien pour cela que nous proposons une alternative. Il n’est pas satisfaisant et il ne mérite certainement pas les qualificatifs employés par le Maire PS sortant Thierry Philip dans son auto-évaluation : un 3e réenchanté, un 3e métamorphosé, un 3e valorisé.

Un 3e valorisé ? Thierry Philip nous donne quelques exemples de bâtiments publics mis en valeur. Mais à côté de cela, la majorité sortante a fait preuve d’une inaction évidente pour préserver l’urbanisme traditionnel de Montchat, préférant viser une banalisation du quartier (cf. les positions que j’ai développées sur ce blog). Et valoriser le 3e, ce devrait être aussi valoriser les personnes qui font vivre l’arrondissement. Et en la matière, force est de constater que nos clubs sportifs n’ont pas toujours reçu l’appui attendu, que nos institutions culturelles auraient pu être mieux promues et que les associations de commerçants auraient aussi pu être mieux soutenues.

Un 3e métamorphosé ? Le Petit Robert nous dit qu’une métamorphose est un changement de forme, de nature ou de structure, si considérable que la chose qui en est l’objet n’est plus reconnaissable. Une métamorphose peut donc être positive ou négative. Le maire PS sortant cite les grandes opérations urbaines réalisées ou lancées depuis 2008 : l’aménagement des tènements Merck-RVI, le nouveau quartier de la Buire, la Part-Dieu 2020. A mon avis, ces projets sont autant d’exemples d’une mutation de la ville qui pose problème car elle ne prend pas suffisamment en compte les habitants et pêche par défaut d’urbanisme, c’est-à-dire qu’il s’agit d’opérations développées sans chercher à en faire bénéficier les quartiers autour. Part-Dieu 2020 l’illustre clairement : les moteurs du projet sont l’agrandissement de la gare et la construction “aléatoire” de tours. Pour le reste, les quartiers d’habitation qui entourent le cœur de la Part-Dieu sont des variables d’ajustement, qui doivent subir les nuisances en termes de densification et d’engorgement de la circulation. Les constructions nouvelles ne constituent pas une métamorphose positive si elles sont déconnectées de la vie urbaine.

Un 3e réenchanté ? Rien que cela ! Je ne vois pas d’enchantement en termes d’urbanisme quand on construit une gare de triage pour trams à la place de l’extension de l’Esplanade Dauphiné-Sans Souci, ou quand le bâti de certaines portions des rues Baraban ou Paul Bert reste dans le même état de délabrement. Je ne vois pas d’enchantement quand on ferme dans la précipitation la résidence pour personnes âgées Constant, malgré le stress provoqué chez les résidents, pour finalement créer une friche sociale pour plusieurs années. Pas d’enchantement non plus quand on programme des démolitions de résidences à la Part-Dieu sans même que les occupants soient personnellement informés dès le lancement du projet. Comment encore peut-on parler d’enchantement quand la tranquillité publique n’est pas assurée dans tant de lieux de notre arrondissement, que les abords de la gare Part-Dieu sont une cour des miracles, théâtre de délits à répétition, ou qu’une prostitution sordide se déroule autour de la place Gabriel Péri ?

On est cependant content d’apprendre que les élus PS ne s’occupent pas uniquement du marketing de leur bilan, mais qu’ils s’intéressent aussi à notre campagne ! La preuve en photo via ce lien (j’espère que le bleu du bandeau de mon blog n’aura pas trop juré avec le rose du chèche du maire sortant !).

 

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Nov 09

Le Grand Lyon vient de débattre du bilan intermédiaire de la concertation sur le projet Part-Dieu 2020. Ce bilan confirme ce que j’ai dit et écrit depuis des mois.

Premier constat marquant. Les habitants des secteurs où des démolitions sont programmées (places Béraudier et Milan) ou ont été envisagées (Paul Bert/Cuirassier) expriment leur désarroi.

Je cite des extraits de ce bilan : “Certains habitants ont expliqué avoir découvert par voie de presse, ou sur la maquette et les plans diffusés à l’occasion du MIPIM, que leurs logements étaient voués à la démolition, et expriment leur incompréhension voire leur désarroi et leur colère par rapport à l’absence d’information préalable.(…) Le désarroi est d’autant plus fort que le profil dominant des habitants qui se sont exprimés est celui de propriétaires issus des classes moyennes voire populaires qui se sont souvent endettés pour accéder à la propriété. Ils craignent de ne pouvoir racheter un logement dans les nouvelles résidences…”.

Des témoignages corroborés par le fait rapporté dans un article du Progrès du 6 novembre à propos des travaux de ravalement en cours sur des immeubles de la place Béraudier voués à la démolition. L’article explique que les responsables de la résidence ont appris au moment du lancement de ces travaux, en faisant les déclarations d’usage pour un ravalement, que les immeubles allaient à terme être démolis…

Voilà. C’est cette absence totale de transparence, que je dénonce depuis des mois, et que le Maire du 3e appelle des “rumeurs” !

Au-delà de la méthode détestable, reste aussi la question de fond. Pourquoi démolir des résidences alors que l’on parle de Part-Dieu à vivre et de nécessité de densifier le centre-ville en termes d’habitat ?

Autre préoccupation exprimée par les habitants : les déplacements dans le quartier, avec notamment le problème des liaisons Ouest-Est entre Part-Dieu et Villette/Lacassagne. Alors que Lyon vient de “gagner” deux “tristes places” supplémentaires dans le palmarès des villes françaises les plus embouteillées, pour figurer maintenant à la 3e, la majorité municipale a décidé de supprimer trois voies de l’avenue Pompidou ! Un tel rétrécissement de cet axe majeur va bien sûr engorger encore les circulations autour de la gare, mais cela va aussi fortement pénaliser l’accessibilité du quartier Villette-Paul Bert, et via Lacassagne, vers l’Est de la ville.

J’ai exprimé ces inquiétudes lors d’une récente réunion de concertation en Mairie du 3e. Les services techniques ont répondu qu’effectivement, cette perte de deux voies sur l’avenue Pompidou allait provoquer des bouchons supplémentaires…

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Juin 22

Après quelques posts “régionaux” et “nationaux”, reprenons notre revue du bilan de mandat de la gauche plurielle dans le 3e arrondissement.

Alors que ces jours, le Maire du 3e et d’autres élus socialistes se permettent, une fois de plus, de venir décerner bons et mauvais points au sein de notre famille politique, je m’interroge sur cette Gauche donneuse de leçons, y compris au plan local.

Trop souvent, les élus de gauche se croient les étendards des valeurs humanistes et sociales ; la politique d’une majorité de gauche serait pas définition la plus humaine et la plus sociale ! Et à l’arrivée de Thierry Philip à la Mairie du 3e arrondissement, nous en avons eu un bel exemple : à l’entendre, après son élection en 2008, l’arrondissement allait enfin connaître les “Lumières” !

Cinq ans plus tard, je dois dire que deux dossiers m’ont choqué, tant ils ont montré à mon sens un manque de considération pour les “gens”. L’un des piliers de l’action du Maire du 3e, à entendre son discours d’investiture, était pourtant “pragmatisme et humanisme”.

Le premier de ces dossiers a été la fermeture de la Résidence pour personnes âgées Constant, dans l’urgence, en raison du projet d’ouverture d’un EHPAD (établissement pour personnes âgées dépendantes) sur le terrain. Alors que le dossier administratif de cet EHPAD n’était pas encore totalement monté (le dossier est complexe pour ce type de projet du fait de la multiplicité des intervenants et des financements à mobiliser), la Ville a tout fait pour opérer une fermeture rapide de la résidence pour personnes âgées. Les résidents ont été pressés de partir pour d’autres établissements, alors qu’ils étaient profondément ancrés à Montchat, dans un établissement exemplaire pour ses liens avec le quartier. La logique gestionnaire l’a clairement emporté sur une solution plus progressive qui aurait été compatible avec le calendrier de réalisation de l’EHPAD. On connait le résultat : une friche “sociale” pendant plusieurs années, dans l’attente de l’EHPAD, et des résidents qui ont été “déracinés”.

Le deuxième dossier est lié au projet Part-Dieu 2020. Ce grand projet de développement urbain de la gare et du quartier de la Part-Dieu, va comporter un certain nombre d’opérations immobilières à plus ou moins long terme. Selon le plan, l’une des premières réalisations sera la démolition de résidences (copropriétés et HLM) à côté de la gare de la Part-Dieu, pour construire à la place des immeubles de bureaux. On peut déjà s’étonner que pour un projet qui prétend promouvoir le “Vivre à la Part-Dieu”, on commence par démolir de l’habitat… Mais la façon de faire est aussi inacceptable. Alors que des sommes importantes sont dépensées dans la promotion de “Part-Dieu 2020”, ce sont des habitants déterminés et vos élus d’opposition de proximité qui ont “levé le lièvre” de ces démolitions, et des conséquences pour les habitants concernés. Un tel projet, sous réserve de la vérification de sa pertinence, devrait passer impérativement par une information complète, personnalisée et le plus en amont possible auprès des habitants et propriétaires qui vont perdre leur logement du fait d’une démolition, et par leur accompagnement. Car là encore, cela impacte des projets de vie qui ne sont pas que sur le papier, théoriques ! Engager une telle démolition, cela veut dire que l’on impacte des projets de personnes, qui ont investi dans un appartement, parfois depuis peu de temps, et qui se sont ancrés dans ce coin de centre-ville. Et cela, à un moment où la conjoncture de l’immobilier n’est pas la plus favorable.

Les projets urbanistiques doivent être abordés avec beaucoup de considération pour les personnes, tout simplement parce que l’urbain doit effectivement être au service de l’humain.

Bien évidemment, ma question titre “C’est quoi cette Gauche ?” gagnerait à être remplacée par l’affirmation toujours d’actualité “la Gauche n’a pas le monopole de l’approche humaine et sociale” ou par celle-ci “ce ne sont pas ceux qui en parlent le plus qui en font le plus” !

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Mai 20

Quel bilan tirer en matière de concertation après 5 ans de gauche plurielle dans le 3e arrondissement ? Attention, sur ce sujet de la démocratie participative, comme sur celui de la culture, nous sommes dans le domaine réservé de la gauche ! Elle serait la seule à en maîtriser la théorie et la pratique… Que pouvons-nous constater dans le 3e arrondissement ?

Le premier constat que l’on peut faire, c’est celui d’une concertation très étroitement encadrée. L’adjoint à la démocratie de proximité est le spécialiste en la matière, qui ne manque pas une occasion d’affirmer en préambule des réunions, ou de “faire un rappel au réglement”, pour tracer la frontière de ce qui est discutable dans les projets. Avec une telle approche, nos élus de gauche semblent douter de la capacité des citoyens à avoir un avis sur toutes les dimensions d’un problème. Ces cadrages donnent la malheureuse impression d’un père de famille traçant à ses enfants les limites du terrain de jeu… Cette concertation encadrée est bien sûr inacceptable, et je sais que nombreuses sont les personnes impliquées dans les conseils de quartier à partager ce point de vue. Cela explique d’ailleurs les nombreux abandons et démissions des conseils de quartier, que l’histoire municipale officielle tient bien sûr à gommer…

Dans les limites qui sont fixées par nos élus de gauche, ce que l’on peut dire c’est qu’il y a eu du bon et du moins bon en matière de concertation dans le cadre des conseils de quartier. Il faut reconnaître que sur certains projets de proximité, cette concertation a été réelle.

Mais, globalement, notre arrondissement a connu de grosses lacunes en matière de concertation.

Notons d’abord que certaines décisions ont été prises en l’absence de toute concertation : urbanisation du quartier de la Buire, création du terminus du tram pour le Grand Stade sur l’Esplanade Villette, modification à venir de l’itinéraire du C13 (l’information n’est pas concertation), réaménagement prévu de la place de Francfort (l’absence de concertation a conduit in fine au blocage du projet).

Pour l’aménagement des friches RVI et Merck, là encore, la concertation a été absente. La Mairie PS du 3e arrondissement ose écrire dans son bilan de mandat : “RVI une page nouvelle s’écrit, projet concerté avec vous” ! C’est l’un des mensonges du document. Car ces dernières années, aucune réflexion participative n’a été menée avec les habitants pour savoir comment ils voyaient le futur de ces “morceaux de ville”, au coeur du 3e (voir sur ce blog tous les billets que j’ai pu écrire sur le sujet). Nos édiles ont décidé pour nous, imposant leurs choix.  Le seul élément qui soit concerté, c’est l’aménagement interne de l’espace vert prévu dans le projet global. Je pense pour ma part que les choix sur le devenir de la Ville et de ses composantes peuvent aussi être concertés, bref une concertation sur l’urbanisme est possible et nécessaire.

Enfin nous souffrons aussi dans le 3e arrondissement de la concertation “écran de fumée”. J’entends par là les opérations de communication à gros budget censées apporter les informations et collecter le point de vue des habitants. Celle sur l’aménagement de la rue Garibaldi était dans cette lignée. Mais le summum est atteint avec la concertation “Part-Dieu 2020”, le Grand Lyon organisant un show autour du projet sans pour autant délivrer les informations qui impactent directement les habitants concernés, et sans prendre le temps de les écouter. La manipulation apparaît clairement lors des conférences du projet au cours desquelles des experts débatent pendant deux heures des concepts, avant de laisser la place à quelques questions des habitants, auxquelles nos élus daignent répondre… tant que ces questions sont jugées d’un “bon niveau”.

Bref, le 12e engagement de la gauche plurielle du 3e arrondissement, “concerter pour mieux décider” est bien imparfaitement tenu. D’abord parce que la non-concertation existe dans certains cas, et que dans d’autres, il s’agit d’une concertation “accessoire” ou “encadrée”. Ne sont concertées que les décisions “de détail”. Je pense pour ma part que l’avis des habitants est utile sur la finalité des projets, la conception de l’aménagement des quartiers, et pas seulement sur l’emplacement des poubelles ou des bancs sur l’espace public.

 

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Jan 23

Retrouvez via le lien ci-dessous mon interview de mardi sur
LyonMag Jazz Radio : une interview consacrée au projet Part-Dieu dans laquelle
j’explique pourquoi il faut une autre approche du projet, dans ses objectifs et dans
sa méthode de réalisation.

http://www.lyonmag.com/article/48881/pierre-berat-ump-sur-le-projet-part-dieu-2020-une-fiction-de-concertation

 

 

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