Oct 13

Alerté par quelques interrogations dans le microcosme, j’ai été étonné de lire à mon sujet, dans un article de la lettre d’analyse politique Prospective Rhône-Alpes, traitant des prochaines municipales dans le 3e arrondissement, la mention suivante : “Pierre Bérat oscille entre le 3ème et le 6ème“. Je crois qu’il ne faut pas tout confondre. En tant que suppléant de Dominique Nachury, députée de la 4e circonscription, je travaille avec elle sur des questions qui touchent toute la circonscription, du 8e arrondissement au 6e en passant par le 3e Est. C’est ma conception de l’engagement, à savoir faire le job qui vous a été confié.

Mais pour ce qui est des prochaines municipales, il n’y a bien évidemment aucune oscillation. Après cinq années où j’ai affirmé l’opposition à la Mairie PS du 3e (42 interventions en conseil d’arrondissement !), où nous avons assuré la présence sur tout l’arrondissement avec militants et sympathisants, je suis bien évidemment engagé dans la bataille du 3e arrondissement, pour que ce dernier bénéficie d’une autre approche de l’urbanisme, des déplacements, de la sécurité, de la ville active… comme je l’ai évoqué depuis 2009 sur ce blog. Nulle intention de me présenter sur le 6e, nulle recherche d’herbe plus verte ! C’est bien dans le 3e que je compte œuvrer pour que l’herbe soit verte.

De façon générale, je ne conçois pas cette élection municipale sans un ancrage réel dans les différents territoires de notre Cité. C’est d’ailleurs je crois la finalité et l’un des avantages du mode de scrutin spécifique pour Paris, Lyon et Marseille. Si cette élection municipale se déroule sous la forme de neuf scrutins d’arrondissement, c’est pour s’assurer que les élus chargés de gérer la ville soient bien représentatifs de toutes les composantes territoriales, dans toutes leurs spécificités. S’il n’y avait qu’une liste unique, on sait bien que l’on aurait une sur-représentation des quartiers centraux.

C’est cela la logique d’une élection municipale à Lyon : combiner une campagne globale et des campagnes de proximité dans les arrondissements. Il faut un projet et une dynamique d’ensemble, incarnés par la tête de liste centrale. L’UMP a su le réaliser avec le processus des primaires qui a permis de désigner Michel Havard. Il y a ensuite la déclinaison de la campagne et de ce projet dans chacun de nos arrondissements, avec l’ensemble des candidats.

Et la logique de cette combinaison globale/locale ne peut être la recherche du meilleur endroit où atterrir pour s’assurer une élection. Raisonner comme cela, c’est mettre en place des élus “hors sol” qui tout au long du mandat ne “seront pas là” pour traiter les dossiers impactant leur arrondissement, quand ils ne seront souvent tout simplement pas là pour siéger au conseil d’arrondissement.

Non, la bonne dynamique municipale doit être de proposer aux Lyonnais une nouvelle majorité composée d’élus ancrés dans les réalités de la ville, et ce sont ces réalités vécues qui doivent faire la force du projet municipal de la “Génération Lyon”.

Une illustration très concrète de cette nécessaire approche avec le projet Part-Dieu. Bien évidemment, nous parlons d’un projet de niveau d’agglomération et les choix qui doivent s’opérer doivent l’être en prenant en compte les intérêts métropolitains et de l’ensemble de la ville. Mais ces choix doivent l’être aussi en prenant en compte les problématiques de proximité, avec les besoins légitimes des 30 000 habitants du quartier. Ce que je constate, c’est que les élus qui ne vivent pas la Part-Dieu ont en général une vision du secteur sous la forme de l’accès à la gare ou au centre commercial (cf. les discours de Gérard Collomb). Ce n’est pas suffisant, il faut aussi des élus qui portent le vécu du quartier si l’on veut aboutir à des choix équilibrés.

Alors voilà, que les choses soient claires : pour ma part, pas de regard municipal vers le 6e arrondissement. Pas d’oscillation mais de l’ancrage !

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , , , ,

Mar 07

Habitant(e)  du 3e arrondissement, vous êtes intéressé(e) par la démocratie de proximité. Vous trouvez normal de donner votre avis sur les projets urbains. Vous êtes notamment intéressé(e) par le devenir de la Part-Dieu. La densification du quartier, avec de nouvelles tours, et les déplacements supplémentaires induits, ne vous laissent pas indifférents.

Alors ruez-vous à l’aéroport, à la gare, ou préparez votre voiture pour vous rendre à Cannes demain. Nous apprenons en effet dans le programme du Maire de Lyon qu’il va présenter demain au MIPIM de Cannes, le salon de l’immobilier d’entreprise, deux nouveaux projets d’immeubles « denses » (Silex et Sky 56). Déjà l’année dernière, Gérard Collomb avait dévoilé en avant-première dans cette ville, le projet urbain de la nouvelle Part-Dieu. A Lyon, c’était l’embargo avant cette présentation ! Sympa pour les Lyonnais !

Nos élus locaux PS nous avaient expliqué après que ce n’étaient que des « intentions d’aménagement » qui avaient été présentées aux investisseurs. Ah le jargon technico-politique ! Mais demain, ce sont bien deux projets majeurs qui seront présentés dans une séquence « Lyon Part-Dieu, de l’ambition à la réalisation ».

Inutile de vous dire qu’en tant qu’élu d’opposition, on ne nous a rien montré de cela. Même traitement pour les habitants en dehors des circuits initiés. Dans les réunions, on vous parle de concepts : « le sol facile », les « pieds d’immeuble animés », le « hub »… mais pour le concret… Et pourtant ces deux projets d’immeubles “denses” sont importants, ne serait-ce que pour les habitants résidant à proximité. Le premier projet se situe à l’angle Bouchut/Cuirassier et intéresse donc directement les nombreux habitants de la barre de la rue du Lac. Le second, à l’angle Félix Faure/Mouton Duvernet (vous vous rappelez, le terrain promis pour le skate-parc), sera la façade de l’Esplanade Dauphiné-Villette et intéresse donc le quartier Dauphiné.

Ces annonces délocalisées pourraient porter à sourire. J’y vois un vrai mépris pour les Lyonnais ou la négation du fait que la Part-Dieu est aussi un quartier d’habitation, et ce malgré les belles paroles de notre Maire d’arrondissement.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , , , , , ,

Jan 10
Avec N. Berra et D. Perben. Merci Mme J. pour cette belle photo !
Avec N. Berra et D. Perben. Merci Mme J. pour cette belle photo !

Que l’on soit dans la majorité ou dans l’opposition, la cérémonie des vœux est toujours un moment particulièrement sympa, pour échanger dans la bonne humeur entre habitants de notre arrondissement. Nora Berra, qui arrivait de son Ministère et des Vœux du Conseil général, nous a fait le plaisir de nous rendre visite aux Vœux du 3e. Accompagnée de Dominique Perben, elle a ainsi pu discuter avec de nombreux acteurs associatifs et prendre date pour évoquer certains dossiers. Chacun a ainsi pu constater combien notre Secrétaire d’Etat aux Aînés n’a rien perdu de sa convivialité et de sa spontanéité 

Quelques mots sur les discours des Maires. Thierry Philip nous a un peu rejoué sa partition de campagne électorale énumérant les projets qui allaient être réalisés ; une partition avec toutefois deux fois moins de notes ( !) et certaines qui ont changé depuis mars 2008 !!!  Gérard Collomb a parlé de boulimie d’action a propos du Maire du 3e. Je crois surtout qu’il y a clairement une certaine obsession de la communication (avec des dérapages, voir plus bas), l’essentiel étant de trouver des sujets pour communiquer. Pas sûr que cela fasse une politique, même packagée sous l’emballage « l’urbain et l’humain ». Ce qui se profile dans le secteur RVI est d’ailleurs très significatif de cette approche. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler ici prochainement.

J’ai écouté attentivement le discours de Gérard Collomb sur la Part Dieu. Comme je l’ai écrit sur ce blog, je partage à 100 % le fait que la Part Dieu doive être un quartier à vivre. Après, il y a les mots et la réalité. Concernant cette dernière, on peut se poser des questions par exemple quand on constate que l’on pousse à la construction de bureaux sans parkings, ou que l’on tarde à trouver des solutions « modes doux » autour du centre commercial.

J’ai envie d’adresser aussi un carton jaune au Maire du 3e pour son propos sur les expositions artistiques à la Mairie, lesquelles à l’entendre seraient une novation de son mandat. C’est bien évidemment inexact puisque des expositions extrêmement variées ont animé la Mairie entre 1995 et 2001. Vous allez me dire que cela ne vaut pas la peine d’être relevé. Je le fais quand même d’une part parce que certaines personnes ayant assisté à la cérémonie m’ont fait part de leur étonnement, mais aussi parce que c’est justice pour mes collègues Simone Epinat et Elisabeth Blanc-Bernard, adjointes du précédent mandat qui n’ont pas ménagé leur peine pour monter ces expositions. Pour rigoler voici ce qui figure dans le guide Lyon 3e : « De plus, la salle du Conseil est sans cesse animée par des expositions : peinture, sculpture, art contemporain ou créatif, art floral… ». C’est mot pour mot ce qui était écrit dans le guide du dernier mandat ! Ce n’est pas très bien de tenir ce genre de propos, surtout dans un discours de vœux…

Pierre Bérat

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Oct 31

L’entrée du centre commercial de la Part Dieu, côté esplanade du « crayon », vient de faire l’objet d’un lifting, avec l’ouverture de nouveaux restaurants. Ce projet attendu est une réussite, confortant la Part Dieu comme un pôle d’animation. N’oublions pas pour autant que la Part Dieu est aussi un lieu de vie, où l’on réside ; une dimension qui me semble parfois oubliée.

 

En passant par l’esplanade un après-midi d’été indien de cette semaine, j’ai pu constater que ce réaménagement était réussi, avec ces terrasses orientées au Sud qui donnent immédiatement un autre visage à cet espace qui symbolisait plutôt jusqu’à maintenant l’abandon urbain. C’est une nouvelle ouverture du centre commercial sur la ville, qui confirme ce dernier comme un pôle d’animation. Mais dans ce contexte de progrès, restons vigilants sur la vision que les décideurs peuvent avoir du quartier. J’ai quelques inquiétudes quand je lis les propos récents du Maire du 3e : « Mais nous souhaitons que la Part Dieu soit aussi un lieu de vie. Un lieu où l’on prend plaisir à aller au restaurant, au cinéma, voir à un spectacle, se balader en famille ou à la sortie du bureau ».

 

Selon moi, la Part Dieu ne doit pas être seulement un centre d’affaires, un pôle commercial et de divertissements de niveau agglomération. C’est un lieu de vie, mais pas seulement en tant que pôle d’animation. C’est un lieu de vie parce que des gens y résident : vous êtes près de 3 000 à vivre à proximité immédiate du centre commercial. Et nous sommes plus de 25 000 à résider aux alentours à Part Dieu Sud, Villette, Lafayette… C’est un lieu d’habitat et il faut créer les conditions pour qu’il le reste ; une vigilance sans doute salutaire quand on constate combien la qualité de vie s’est par exemple dégradée le long des berges du Rhône, malgré les atouts du secteur.

 

Penser la Part Dieu en termes de lieu de résidence, cela veut dire notamment éviter de prendre des mesures qui vont asphyxier le secteur. Avec la réalisation d’une Tour Incity sans parking, nous avons déjà souligné que nous n’en prenions pas le chemin, tant les effets collatéraux pour les rues environnantes vont être problématiques. Je ne partage pas non plus l’avis rapporté dans le Progrès d’hier selon lequel le tronçon Lafayette-Bouchut sur Garibaldi « est le tronçon où la coupure urbaine est la plus forte » et qu’il faut donc traiter en priorité. A mon avis, en termes de lieux de vie, c’est à Part-Dieu Sud que Garibaldi crée aujourd’hui la frontière la plus préjudiciable au tissu urbain. Et penser la Part Dieu comme un lieu d’habitat, c’est aussi améliorer les possibilités de déplacement internes au quartier (la liaison Villette-Part Dieu sous la gare ou par Pompidou, des parcours piétons et 2 roues courts et continus). C’est aussi soutenir le tissu commercial de proximité des quartiers environnants.

 

Pierre Bérat

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