Pierre Bérat

Conseiller municipal de Lyon 3e, Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes

Étiquette : police municipale

On le dit même si cela déplait au Maire du 3e

PA020079Le Conseil du 3e arrondissement du vendredi 12 décembre a été riche, abordant plusieurs dossiers importants pour notre arrondissement. Voici les positions que vos élus UMP ont défendu lors de ce conseil.

Un intéressant CICA a permis d’entendre les témoignages argumentés des CIL Villette et Mutualité/Préfecture sur les problèmes de sécurité et les atteintes à la tranquillité publique dans le quartier Villette Paul Bert et sur les Berges du Rhône. Alors que le Maire PS du 3e, Thierry Philip, balance sur ces sujets entre autosatisfaction et tentative de minimisation des problèmes, j’ai confirmé les difficultés rencontrées, dont m’ont témoignées de nombreux habitants. J’ai rappelé mon intervention sur la lutte contre la délinquance lors du Conseil municipal d’octobre, qui pointait déjà la situation dans certains secteurs de Villette Paul Bert. La réponse de l’Adjoint à la sécurité Sécheresse s’était alors limitée a des sarcasmes, de l’autosatisfaction et des propos indignes, un comble quand on traite en assemblée de la question des incivilités… Sur cette question de la délinquance, j’ai rappelé en conseil d’arrondissement que la mise en place de la Métropole devait être l’occasion de mieux articuler l’action des médiateurs sociaux et de la Police municipale.

Le CICA a aussi été l’occasion de la présentation d’une intéressante enquête sur l’inconfort de la ligne C13 par le CIL Sans Souci Dauphiné. Force est de constater que la situation décrite correspond à la réalité : bus bondés car sous-dimensionnés, engorgement du fait de l’obligation de monter par l’avant, d’où des retards importants… Là encore, la “non-réponse” du SYTRAL, communiquée par l’adjoint en charge, n’est pas satisfaisante.

En conseil, nous avons délibéré sur les objectifs triennaux que va se fixer la Ville en matière de production de logements sociaux. Des objectifs “sur-volontaristes” qui vont au-delà de ce que la loi exige, la Ville de Lyon compensant notamment des déficits de production dans d’autres communes du Grand Lyon. Après avoir rappelé que nous sommes favorables à la production de logements sociaux, nous avons néanmoins fait valoir les points suivants qui nous ont amenés à nous abstenir sur la délibération proposée par la Ville :

  • le niveau à atteindre en matière de logements sociaux (25 % maintenant) doit maintenant s’apprécier au niveau du Grand Lyon, avec l’avènement de la Métropole,
  • nous n’avons pas obtenu la répartition des objectifs par arrondissement,
  • nous n’avons de ce fait pas de vision sur l’accompagnement par la Ville de ces nouveaux logements, en termes d’équipements et de services publics,
  • la politique de création forcenée de logement social en diffus en centre-ville coûte très cher. Alors que l’on ne cesse de nous rappeler que la dépense publique doit se réduire drastiquement, il faut se demander si l’on peut continuer à produire des logements à un tel coût alors que l’on pourrait en offrir plus ailleurs.

Nous avons approuvé le prolongement d’un an du programme FISAC dans le quartier Moncey, qui vise à aider la rénovation et la redynamisation commerciale. J’ai toutefois demandé à ce que les élus puissent se prononcer suite aux résultats de l’étude en cours qui doit faire des propositions sur une nouvelle identité commerciale du quartier. J’ai aussi rappelé que si l’on souhaite soutenir l’activité commerciale dans le secteur, il faudrait commencer par éviter de concentrer les manifestations et après-matchs à risque cours Gambetta : les commerces de cette importante artère ont encore subi des dégradations inacceptables lors d’une récente manifestation.

Nous devions aussi nous prononcer sur l’acquisition par la Ville de locaux dans le cadre de la réalisation du futur parc RVI. Nous nous sommes abstenus sur cette acquisition. Sylvie Pendarias en a expliqué les raisons. D’une part, le coût est très élevé pour la Ville. D’autre part, cette position est cohérente avec la vision urbanistique que nous avons développée pour ce jardin : nous voulions un parc s’ouvrant sur l’avenue Lacassagne alors que la Mairie du 3e a fait le choix d’un relatif enclavement de ce jardin, en confortant l’effet tunnel des constructions sur cette avenue. Or ces acquisitions se font pour créer une entrée du Parc sur le côté, rue Rochaix.

 

Que fait la ville en matière de tranquillité publique ?

J’ai interpellé le Maire du 3e arrondissement lors du Conseil d’arrondissement de mardi dernier à propos des atteintes à la tranquillité publique cet été en de multiples lieux de notre arrondissement.

Vous trouverez ci-dessous le texte de cette intervention.

Vous pourrez lire les réponses de Thierry Philip dans le compte-rendu officiel qui sera mis en ligne sur le site de la Mairie du 3e à la mi-octobre. Parmi ces éléments de réponse, un élément d’un ridicule avéré : “c’est la faute à Nicolas Sarkozy”. Par ailleurs, il a affirmé que la police municipale ne faisait que de la prévention. C’est pas l’impression que j’ai en matière de stationnement et peut-être faudrait-il voir les choses différemment.

« Je souhaite revenir sur les questions de tranquillité publique que l’on a pu connaitre dans l’arrondissement cet été et traduite médiatiquement, surtout sur la Place du Château de Montchat, pour laquelle j’ai lu le compte-rendu de la réunion que vous avez tenue samedi dans le Progrès.

Je suis un peu étonné de la réponse tardive aux problèmes, puisque nous sommes au 15 septembre et que les problèmes ont duré 2 mois, selon les échos que j’ai entendus sur le marché.

Je souhaite également dire que nous avons été  de nouveau confrontés à un aménagement qui a été mal conçu à l’origine, puisqu’il est dit dans l’article, qu’il va y avoir un aménagement complémentaire. Cela rappelle l’aménagement du parc Kaplan, pour lequel il a fallu corriger des dysfonctionnements dès son ouverture.

Quand nous discutons avec les habitants du 3ème, nous nous rendons compte que la situation était compliquée à plusieurs endroits. Certes ce n’est que de la tranquillité publique, mais pour les personnes restées chez elles cet été, cela a été des nuisances pendant 2 mois, qui, à répétitions, peuvent créer un réel sentiment de malaise. On rencontre des gens  prêts à quitter leur quartier parce qu’ils n’en peuvent plus. Pour citer quelques exemples, sur la Place de la Reconnaissance, le square est occupé jusqu’à 2 heures du matin, le square Jussieu est un problème qui subsiste, le square Kaplan qui a été difficile également et la Place Sainte-Anne. Au-delà de ce que vous avez annoncé sur la Place du Château, quelle réponse pouvons-nous donner sur l’occupation du domaine public, du respect des règles de vie en société et de la quiétude des habitants ? Nous avons l’impression d’être dans une incapacité de réponse, ne voyant pas de solution arriver. Du coup, cela crée chez nos concitoyens, un sentiment de frustration et une baisse de croyance en la politique. Nous avons un bel outil avec la police municipale et plutôt que de faire certaines tâches, ne pourrait-elle pas intervenir pour remettre les choses en ordre ? »

Les promesses non tenues : sécurité et tranquillité publique (omissions III)

Poursuivons notre revue du bilan de mandat de la Mairie PS du 3e arrondissement. Pour ceux qui auraient raté les premiers épisodes, voir omissions I et II. Toujours sur la base de l’appréciation du Maire “on a presque tout fait et même plus”, intéressons-nous au “presque” en matière de sécurité et de tranquillité publique.

Lors de la campagne de 2008, Thierry Philip et Najat Vallaud-Belkacem avaient fait campagne conjointe (municipale et cantonale) à Montchat en promettant notamment la mise en place d’un garde-champêtre. C’était la façon “politiquement correcte” pour les représentants d’une “gauche moderne” de parler de tranquillité publique. Chacun peut se souvenir des envoyés de Mme Belkacem, parcourant les trottoirs du quartier avec leur carte postale, vantant notamment cette promesse. Cinq ans plus tard, le garde-champêtre ne montre toujours pas ses guêtres. Cette approche folklorique du bilan de la Mairie PS n’a cependant rien de réjouissant, car cela veut surtout dire que les questions de sécurité ont mal été prises en compte. Les vagues de cambriolages, des braquages, les occupations de l’espace public provoquant des nuisances, les bagarres aux abords des établissements scolaires montrent que la sécurité et la tranquillité publique sont mal assurées. J’ai évoqué récemment la regrettable place qu’occupe notre arrondissement au palmarès des cambriolages.

Cette promesse non tenue est d’autant plus critiquable qu’il faut rappeler que dans le même temps, l’antenne de la Police nationale de l’avenue Lacassagne a été fermée. Il faut aussi rappeler que dès 2001, la gauche avait refusé d’apporter les bonnes solutions pour le 3e Est. La mémoire collective est courte ; il faut donc rappeler qu’à son arrivée à la Mairie de Lyon, Gérard Collomb avait annulé le projet d’implantation d’un poste de Police municipale rue Professeur Florence, à la jonction de Montchat et de Sans Souci, alors que les locaux étaient prêts. A la place une permanence de la police municipale avait été instaurée cours Docteur Long. Le service n’était pas à la hauteur des besoins et il sera quoi qu’il en soit supprimé quelques années plus tard.

Le bilan de la gauche en matière de sécurité dans le 3e Est, c’est donc l’inaction délibérée.

Le 3e Ouest serait-il mieux traité ? Pas vraiment. Chacun peut constater que les alentours de la Part-Dieu (gare et centre commercial) restent problématiques, des faits divers sordides l’ont rappelé.

Les soirées des Berges du Rhône restent toujours une calamité pour les riverains. Nous avons pu constater souvent un fatalisme dans les propos des élus PS, compte tenu de la nature des lieux. Faut-il rappeler les avertissements que le groupe Ensemble pour Lyon avait formulé lors de la conception de l’aménagement ?

Enfin pour terminer cet épisode, il faut évoquer le secteur Gabriel Péri. J’ai été consterné de lire dans le bilan de mandat paru dans Vision 3e : “nous sommes fiers du retour à la tranquillité, en particulier sur les places Ballanche et Gabriel Péri”. Quelle définition notre maire donne-t-il à tranquillité ? Chacun peut constater les trafics en tout genre qui subsistent dans ce secteur, la prostitution dont la presse s’est récemment fait l’écho. Une situation qui ne mérite certainement pas l’autosatisfaction du Maire.

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