François Hollande demeure à un haut niveau dans les sondages. Certes. Mais n’est-ce pas la traduction du discours de facilité qui est le sien, pour ne pas dire de sa démagogie usuelle ?

Que peut-on retenir du programme du candidat Hollande connu à ce jour ? C’est un habile cocktail de mesures irresponsables mais symboliquement fortes (retour en arrière sur la réforme des retraites, droit de vote aux étrangers non communautaires, désengagement progressif du nucléaire…), de postures « on verra plus tard, on en discutera ensuite » et de mesures d’affichage « anti-riches ».

Dans le contexte actuel, ces dernières ont bien évidemment un impact. Mais chacun doit bien regarder les choses et prendre garde au fait que l’on est « tous le gros de quelqu’un »et qu’il est dangereux de croire que c’est celui « du dessus » qui paiera l’ardoise nationale.

Il est en effet illusoire de croire que le matraquage fiscal sur quelques milliers de Français va permettre de financer un programme socialiste. C’est bel et bien la classe moyenne qui devra supporter aussi le choc fiscal. D’abord parce que bien évidemment, la population au top des revenus peut se restreindre, du fait de départ vers des cieux plus cléments. Ensuite, parce que de façon classique, avec l’approche de large ouverture des frontières de la gauche, la population « en difficultés » sera elle en augmentation. La généralisation de la progressivité fiscale va clairement appauvrir les classes moyennes. Selon l’approche du PS, il faudra bientôt se munir de son revenu fiscal de référence pour prendre son ticket de stationnement.

Côté économie, l’approche est la même : il s’agit d’opposer les PME aux grands groupes. Le problème, c’est que notre économie a surtout besoin d’un processus complet de renouvellement économique, c’est-à-dire certes d’une création d’entreprises dynamique, mais avec des entreprises qui arrivent à croître pour embaucher, investir et partir à la conquête du monde. Par ailleurs, qu’elles soient petites ou grandes, ce que l’on sait aussi, c’est que toutes les entreprises seront pénalisées par un coût du travail accru, ce qui apparaît quand même comme un anachronisme majeur.

Bref, il y a dans le programme socialiste de François Hollande beaucoup de choses « qui peuvent plaire » à courte vue. Si l’on ajoute une habileté certaine du candidat dans ses réponses, et de « bons mots », certaines choses peuvent se comprendre. Ceci dit, est-on dans une campagne présidentielle ou chez Ruquier ?

Un sondage paru cette semaine dans Le Figaro donne une autre vision de la situation. Les Français ont été sondés pour savoir qui de François Hollande ou Nicolas Sarkozy était le mieux à même de faire face aux 9 défis majeurs de la France. Résultat ? Nicolas Sarkozy l’emporte pour 6 défis : lutter contre l’immigration clandestine, lutter contre l’insécurité, diriger le pays, réduire la dette de la France, réformer la France, faire sortir la France de la crise. François Hollande l’emporte pour les 3 autres dont « rassembler les Français » (rassembler, mais pour faire quoi ?).

L’appréciation sur le fond des choses donne donc une autre image de la situation. Maintenant reste une question : comme il existe des achats « plaisir », les Français vont-ils opter pour un « vote plaisir » ?