Pierre Bérat

Engagé pour une droite ouverte, européenne, qui ne se désintéresse pas des Métropoles. Elu régional et municipal de Lyon jusqu'en 2020/2021.

Étiquette : rue Lamartine

Des garanties insuffisantes

P9190018

Intervention lors du Conseil d’arrondissement du 7 octobre 2010

“Il ne me semble pas souhaitable d’approuver en l’état les conventions de mise à disposition du bâtiment de la rue Lamartine pour y relocaliser une partie des espaces de production artistique de la friche RVI.

D’abord, il apparaît assez évident que ce bâtiment, enclavé, bordant une petite rue résidentielle, à quelques mètres des habitations, qui plus est dans une rue qui connaît déjà des problèmes de maîtrise de son occupation du fait d’un statut complexe, n’est pas une localisation adaptée pour une relocalisation de la friche. La proximité de cette dernière ne saurait constituer une raison suffisante. Et notre responsabilité d’élus du 3e arrondissement est de veiller au cadre de vie des habitants.

Je précise, pour que les choses soient bien claires, et ne donnent pas lieu à une présentation erronée, que je ne suis pas opposé au principe des espaces de production artistique sous forme de friches. Je précise aussi, que, oui, il y a eu une activité intéressante de création artistique sur la friche RVI.

Le problème c’est que les conventions qui nous sont soumises ne présentent pas les garanties pour assurer la tranquillité publique à laquelle ont droit les habitants.

Qu’est-ce qui permet de porter cette appréciation ? Tout simplement l’expérience de la friche RVI. Que nous apprend cette expérience ?

  • Que l’on a beau prendre toutes les précautions sur le caractère précaire et temporaire de la mise à disposition, il est toujours difficile d’y mettre un terme. Ce type de projet enclenche du « provisoire qui dure ». Les habitants, comme les porteurs du projet d’extension du stade Foe ont toutes les raisons de craindre « un provisoire qui dure ».
  • 2e enseignement : malgré leur bonne volonté, les acteurs de la friche autogérée, ont été débordés par certains occupants, ce qui a rendu comme vous le savez problématique la maîtrise de ce qui se passait sur le tènement, provoquant des nuisances importantes pour le voisinage.

 Que prévoient les conventions ?

  • Tout d’abord une gestion du site Lamartine qui de nouveau est porteuse de dérapages. L’association de gestion « Lamartine » va coiffer des collectifs d’artistes, des conventions étant signées à la fois avec l’une et avec les autres. Mais comment l’association Lamartine, qui aura la charge d’attribuer les clés, sera-t-elle en mesure concrètement de contrôler qui peut séjourner dans le bâtiment ? Et cette association, comme les collectifs, risquent d’être soumis comme cela a été le cas sur la friche RVI, à une « pression sociale » conduisant à étendre les droits d’accès.
  • 2e constat : pour faciliter le montage, la Ville de Lyon fait le choix de dire que le bâtiment ne sera pas un ERP (établissement recevant du public). Cela l’exonère ainsi d’un certain nombre de mesures. Mais dans les faits, les conventions le disent elles-même, il y aura des visiteurs et des clients qui accéderont au bâtiment, bâtiment qui sera libre d’accès et non doté d’un gardien. On en arrive ainsi à une situation étonnante : le Foyer de Montchat, qui accueille des associations, dispose d’un gardien, avec des règles d’utilisation très strictes qui pénalisent parfois l’activité de ces associations. Dans le futur bâtiment Lamartine, rien de tout cela… La Ville fait ainsi le choix de se tenir en marge : il est même précisé qu’elle ne pourra pas se rendre dans le bâtiment avant un délai de 24H après l’annonce de sa venue…
  • Si l’on ajoute qu’il reste des interrogations sur le respect des normes « sécurité », qu’il n’y a pas de limites dans les horaires d’utilisation, alors que certaines activités sont potentiellement bruyantes, on voit bien que toutes les précautions ne sont pas prises et que la Ville ne se donne pas les moyens de maîtriser l’utilisation future du site.

Dans ces conditions, il ne me semble pas possible de voter favorablement. Et l’on ne peut que souhaiter que ces conventions soient revues d’ici le Conseil municipal, en prévoyant au minimum, la présence d’un gardien et une référence à des horaires d’utilisation.

Enfin, si l’on élargit les constats, il apparaît assez clairement que ce secteur de notre arrondissement fait l’objet d’une gestion très approximative. La rue Lamartine se voit attribuer une nouvelle vocation dans la précipitation, avec une Ville de Lyon qui ne se donne pas les moyens de son discours. La sortie de la friche RVI est dans le même temps mal négociée. Parallèlement, tout le secteur fait l’objet d’un aménagement sans vision urbanistique d’ensemble. Cela donne une impression de « ni fait, ni à faire ». Comme l’a souligné justement Mme Panassier, le secteur RVI Merck est aussi vaste que celui des Grattes ciels à Villeurbanne. Imagine-t-on un instant le Maire de Villeurbanne lotir cet espace comme les choses s’annoncent pour Merck-RVI ?

Exaspération mal venue

J’ai découvert dans le Progrès de dimanche la confirmation de ce dont j’avais entendu parler samedi au Forum des associations. A savoir les paroles du Maire du 3e lors d’une concertation avec les riverains de la rue Lamartine, à propos de la relocalisation des occupants de la friche RVI. Je cite les propos de Thierry Philip rapportés dans le journal : « Si vous ne faites pas confiance à la mairie, allez devant le tribunal ! Démerdez-vous ! Moi je vais démissionner et vous vous débrouillerez directement avec la Mairie centrale ! ».

De mon point de vue, cette exaspération n’a pas lieu d’être. La préoccupation exprimée par les riverains de la rue Lamartine me semble bien légitime, compte tenu des éléments suivants :

  1. L’expérience de la friche RVI a clairement montré ces dernières années la difficulté de la Ville de Lyon à maîtriser l’occupation et l’utilisation du site, d’où les nuisances réelles qu’ont du subir les riverains du tènement. On comprend que les riverains du nouveau site, face à ce constat, expriment leurs inquiétudes.
  2. Le choix de l’immeuble de la rue Lamartine, pour relocaliser la friche, présente toutes les caractéristiques du dossier géré dans l’urgence, avec son lot d’approximations. Le flou sur le calendrier du transfert le démontre clairement.
  3. Il semble décidément bien difficile d’obtenir des assurances de la Ville quant aux mesures qui seront prises pour maîtriser le futur site (droit d’accès et contrôle de ces accès, conventions d’occupation, réglementation des activités…). Je n’ai moi même pas pu obtenir pour l’instant le texte de la convention-type. Si j’ai bien compris, c’est pourtant cela que veulent les riverains mis devant le fait accompli : des garanties que la Ville prend des mesures pour prévenir les dérapages.

Quant à l’allusion « c’est pas nous, c’est la Mairie centrale », c’est un peu facile. Cela fait penser au « c’est la faute à l’Europe » quand on doit faire passer une mesure politique difficile. Et on a déjà tenté de nous faire le coup avec la suppression de la RPA Constant…

Désinvolture

En guise de transition entre les sujets nationaux et les dossiers locaux, voici le texte que j’ai rédigé au nom des élus UMP, Radicaux et divers droite pour parution dans la Tribune d’opposition du prochain journal de la Mairie du 3e.

“Les propos ministériels rappelant que la sécurité était aussi l’affaire des maires ont fait polémique. Il y a pourtant des lacunes. Si les berges du Rhône sont un bel aménagement, la sécurité n’a pas été bien prise en compte. Les nuisances nocturnes sont très importantes pour les habitants. Difficile ainsi d’accepter les propos du Maire de Lyon en appelant à la responsabilité de l’Etat. La relocalisation de la friche RVI rue Lamartine illustre la même légèreté. Les lieux étant inadaptés, des problèmes de tranquillité sont prévisibles, mais Mairies centrale et du 3e persistent, en reconnaissant que la police n’aura pas les moyens d’empêcher tous les problèmes !”

Le texte est court mais nous n’avons pas plus de place dans la Tribune d’opposition ! Il faut d’ailleurs savoir que pour l’équipe PS du 3e, en termes de volume de texte, c’est la même chose pour 5 élus UMP-DVD et 1 élu du Centre ! Mais je ferme la parenthèse, nous aurons peut être la nécessité d’en reparler si cette situation persiste.

Ce que je rajouterais à ce texte, c’est que la question n’est pas de faire des Maires des super-shérifs. Mais il est évident qu’ils doivent prendre part aux politiques de sécurité et de tranquillité publique, ce que la plupart d’entre eux font très bien d’ailleurs. Et pour le moins, ils ne doivent pas, par leurs décisions et aménagements, créer des conditions favorisant l’insécurité ou les atteintes à la tranquillité publique.

Concernant les exemples donnés sur la situation lyonnaise, nous aurions pu aussi ajouter la Confluence, comme l’actualité vient de le montrer avec les inondations de cette semaine. La Ville de Lyon peut bien essayer de mettre en cause les services de l’Etat ; le problème vient bien du plan d’aménagement de ce nouveau quartier, avec un seul accès à la zone des Docks !

Et le quartier il ne pourrait pas être végétal ?

Il y a quelques semaines, j’ai visité avec intérêt l’exposition « Cités végétales » de l’architecte Luc Schuiten, une exposition prospective sur ce que pourrait être la ville de demain, construite en symbiose avec la nature. En parcourant les salles de cette expo, qui a été largement intégrée au marketing officiel de la Ville, je me suis dit immédiatement : dommage que le Maire de Lyon et le Maire du 3e ne s’inspirent pas d’une part – même minime – de ces idées (pour un aperçu) pour l’aménagement du vaste « morceau » du centre ville que constitue le tènement RVI !

 

Cet espace est revenu sur le devant de l’actualité ces derniers temps du fait de la fermeture prochaine de la friche artistique et de sa problématique relocalisation partielle à proximité. Cette couverture médiatique est légitime. Il est normal de poser la question du devenir « durable » du site de création artistique que constituait la friche. En la matière, je ne comprends pas que la Ville n’ait pas encore clarifié et optimisé son approche, malgré la multiplication des infrastructures culturelles. La relocalisation partielle et « temporaire » des ateliers de la friche, à proximité immédiate – rue Lamartine – n’est pas une réponse adaptée.

 

Il est normal aussi que la préoccupation des riverains de la rue Lamartine ait été relayée, car cette préoccupation est fondée en termes de fonctionnement du quartier, de même que le sont les craintes quant au retard dans la réalisation de l’extension du stade « Foe ». Toutes les conditions du « provisoire qui dure » semblent en effet réunies. « Ni fait ni à faire », c’est le qualificatif qui s’applique le mieux au traitement de ce dossier par la Mairie centrale et la Mairie du 3e.

 

Mais aussi importants soient-il, les enjeux du devenir du tènement RVI ne se limitent pas à ces aspects. Je souligne, de nouveau, l’enjeu urbanistique du devenir de ce secteur. Rappelons que ce joue à cet endroit l’urbanisation de 60 000 m² d’espace de centre-ville… et que cette urbanisation se fait sans vision d’ensemble, sans travail sur l’intégration aux quartiers et bien sûr, sans concertation. Une urbanisation sous forme de lotissement et de bétonisation qui semble bien anachronique.

 

Alors en découvrant à l’expo le profil végétal de la gare Part Dieu en 2100, je me disais, et si l’on commençait à concevoir « bien » les espaces majeurs dont nous lançons les aménagements. Est-il possible de rouvrir le cas échéant l’expo pour que Thierry Philip puisse y trouver de l’inspiration ?

 

PS : l’expo m’a permis de constater un exemple de « recommencement ». Les « urbacanyons » prospectifs m’évoquent la séparation verticale des flux de l’aménagement initial de la Part-Dieu… une organisation revue par le réaménagement en cours…

2008 - 2021 - Réalisé par Omma Services - Thème par Anders Norén