Pierre Bérat

Conseiller municipal de Lyon 3e, Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes

Étiquette : rue Paul Bert

Les concepts et les réalités

Notre Dame des Landes ? Le quai du port de Fos-sur-Mer ? Non, non, c’est le Nord de l’Esplanade Dauphiné-Villette, ou plutôt de ce qui aurait dû être une esplanade verte ! La réalité est bien différente : c’est en fait devenu un damier de voies de tram pour connecter au réseau les quais du terminus pour le Grand stade.

Nous avions dénoncé en son temps cet aménagement, décidé en toute discrétion. On nous avait répondu à l’époque qu’il s’agirait d’un petit aménagement, “consommant” qu’une petite partie du terrain destiné à l’origine à un espace vert. La réalité est toute autre : du béton, des rails, du béton, des rails… Il y a bien eu changement de projet pour cette pointe de l’Esplanade Villette à l’angle de la rue Paul Bert et de la rue Flandin.

Tout cela doit nous inciter à la plus grande prudence quant au projet Part-Dieu 2020. D’un côté il y a les mots, les belles images et les concepts dont on nous rebat les oreilles. De l’autre, il y a des projets plus gênants dont on nous cache les réalités.

En la matière, la concertation sur le projet Part-Dieu 2020 qui s’est ouverte est assez significative. Le dossier de concertation peut être consulté en Mairie du 3e, du 6e ou au Grand Lyon. L’approche conceptuelle occupe la majeure partie du dossier. Pour le “dur”, le “concret”, il faut aller aux vues de la fin du dossier. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’approche n’est pas d’une grande transparence. Problème complémentaire : le périmètre de la concertation se limite au coeur de la Part-Dieu alors que l’on sait bien que l’impact du projet, en termes de déplacements notamment, débordera largement sur Villette, Voltaire et Préfecture. Vigilance, vigilance…

Trop c’est trop !

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En partant au travail jeudi matin, j’ai eu l’impression de vivre le sketch de Raymond Devos, vous savez celui de l’automobiliste condamné par l’absurdité « administrative » à devoir tourner autour d’une place. Avec la fermeture, sans avertissement en amont, de la rue Charial, j’ai été, comme beaucoup d’autres automobilistes, contraint à me réinjecter dans le secteur piégé de la rue de la Villette, à l’opposé de ma direction.

La situation du quartier Villette est en effet devenue incroyable en termes de chantiers : travaux sur Pompidou, voirie réduite rue Frédéric Mistral, rue Charial et rue Paul Bert, travaux du carrefour Paul Bert/Flandin/Villette qui s’éternisent avec l’itinéraire de déviation par Flandin qui va avec, réduction des débouchés sur le « feu » rond-point Bonnel qui rend le secteur à éviter absolument, et maintenant l’axe Villette qui est coupé au niveau de Lafayette…

La circulation est tout simplement devenue impossible. Ces « obstacles » qui fleurissent partout dans le quartier complexifie encore un plan de circulation déjà pas idéal : dès lors, les gens qui se rendent à la Part-Dieu « tournent » densifiant encore la circulation. Dans le même temps, cette asphyxie n’incite bien évidemment pas les visiteurs à venir dans le quartier : on imagine sans mal que cette situation est catastrophique pour l’activité dans une rue commerçante telle que la rue Paul Bert.

Bien sûr, il faut bien que les chantiers se fassent. Bien sûr la belle saison est plus propice au déroulement des travaux publics. Encore faut-il être conscient du fait que fin juin, ce n’est pas encore la trêve estivale, période plus appropriée pour réduire les capacités de circulation. Ensuite, face aux nuisances causées par ces chantiers, la priorité doit être donnée à leur déroulement rapide : il est inacceptable dans ce contexte de voir un chantier tel que celui du carrefour Villette/Flandin/Paul Bert traîner des mois. Et il faut une véritable coordination de proximité par les services municipaux et communautaires : quand un quartier est déjà impacté par des travaux majeurs tels que ceux du prolongement de T4, toute autorisation supplémentaire de blocage de la voirie doit être accordée sous conditions et avec l’accompagnement adapté. Enfin, le Grand Lyon doit veiller particulièrement à la remise en état rapide et complète des lieux pour éviter de créer un cadre urbain « rapiécé » : c’est un enjeu important en termes de qualité de vie et d’image pour nos quartiers !

Fin de semaine, content de rentrer à la maison. Las ! 1/2 H de bouchon sur Vivier-Merle. Pourquoi ? Parce qu’une grue neutralise les 2/3 de la chaussée. Comme chacun sait, les abords de la gare Part-Dieu le vendredi soir, c’est le bon moment pour occuper la chaussée…

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