Pierre Bérat

Conseiller municipal de Lyon 3e, Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes

Étiquette : Sécurité

Parole, parole, parole

Le Progrès a publié dernièrement les statistiques sur les cambriolages dans l’agglomération lyonnaise. Ces derniers ont été en forte hausse en 2012 (+ 15 %) et la tendance s’est poursuivie en janvier. Ces chiffres montrent par ailleurs que le 3e arrondissement est en tête du “palmarès” de la Ville de Lyon pour le nombre de faits commis (près d’un cambriolage sur quatre à Lyon se produit dans notre arrondissement) et pour la progression en 2012 (+ 36 % soit près de trois fois plus que la progression moyenne de la ville), au même niveau que le 8e.

Ce n’est pas vraiment une surprise, les habitants du 3e m’en parlent régulièrement.

Cette situation locale nous montre toutes les limites de l’action du Ministre Manuel Valls ; les “coups de menton” médiatisés ne suffisent visiblement pas.

Cela m’amène aussi à poser la question des initiatives de notre Mairie d’arrondissement en matière de sécurité. Certes, il revient d’abord à l’Etat d’assurer la sécurité. Mais nous savons aussi le rôle que peuvent jouer les municipalités, en termes de prévention, de veille de proximité par la connaissance du terrain et de contribution à la lutte contre les délinquants avec la police municipale.

Face à de tels chiffres, force est de constater que sur ce point là également, le bilan du Maire est décevant. Il l’est d’autant plus qu’il avait fait de la sécurité une priorité de sa campagne. Rappelez-vous, Thierry Philip avait fait le choix en 2008 de garder personnellement, comme annoncé pendant la campagne, la délégation de la sécurité. L’objectif affirmé étant qu’en tant que chef d’orchestre, il puisse bien conduire les choses sur l’arrondissement en matière de sécurité. Visiblement, la partition n’est pas respectée…

Vous avez dit dérapage ?

Pour mon 2e post de rentrée, c’est à un communiqué de Najat Vallaud-Belkacem, adjointe au Maire de Lyon et conseillère générale de Montchat que je vais réagir. Ce communiqué de Mme Belkacem, signé en tant que secrétaire nationale du PS, se veut une réaction au discours de Grenoble du Président de la République, sur la Sécurité.

Ce communiqué, comme d’autres, est choquant. Et je le dis à « froid », un mois après sa parution. Ce n’est donc pas une réaction épidermique.

Son titre tout d’abord : « Si être Français se mérite, être Président des Français se mérite aussi ». D’évidence, il est nécessaire de rappeler à Mme Belkacem que ce mérite, ce sont les Français qui en jugent lors d’une élection présidentielle tout ce qu’il y a de plus démocratique. Pour le reste, nous sommes dans un Etat de droit, et l’action du Chef de l’Etat s’inscrit dans les règles de notre République. Il ne revient pas à des « consciences autoproclamées » d’apprécier la légitimité du Président de la République.

Deuxième élément particulièrement choquant, le commentaire de Mme Vallaud-Belkacem sur la question de la déchéance de nationalité, proposée par le Président, pour des personnes ayant acquis récemment la nationalité et qui commettent des crimes. Je cite Mme Vallaud-Belkacem : « ses propositions sur les citoyens « d’origine étrangère » nous ramènent aujourd’hui, n’ayons pas peur des mots, au régime de Vichy, le seul à être allé aussi loin en retirant la nationalité française à un certain nombre de citoyens de ce pays. »

De tels propos sont bien sûr outranciers, et on ne manque pas de les rapprocher du discours de Martine Aubry de ce week-end « sur la sécurité, la droite c’est le pugilat et la gauche le résultat »…  Mais ces propos sont aussi irresponsables et irrespectueux. Il est en effet irresponsable pour le représentant d’un parti politique qui aspire à l’alternance, de « jouer ainsi avec les références historiques ». Un tel responsable politique affaiblit ainsi la République.

Ils constituent aussi un grave manque de respect pour les personnes ayant subi les déchéances de nationalité du Régime de Vichy. Irrespect car cela revient à un amalgame entre la situation de délinquants « confirmés » et celle de personnes qui ont perdu la nationalité française sous le régime de Vichy, non pas pour des actes délictueux ou criminels, mais pour ce qu’elles étaient ou pour leur engagement patriotique.

En se référant avec abus aux faits historiques, ce sont la mémoire et la force des enseignements de l’histoire qui sont atteintes.

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