Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Étiquette : Ségolène Royal

Retour sur posts

L’actualité des derniers jours m’amène à revenir sur deux sujets traités dans des posts récents. Celui sur la scène médiatique tout d’abord, avec une distinction qui n’a pas à mon avis retenu toute l’attention qu’elle méritait. Ceux sur le grand emprunt national ensuite avec la remise du rapport de la Commission Juppé-Rocard.

Après la mise en ligne de mon post « apprentis sorciers », une amie a attiré mon attention sur un bon exemple de partialité de la scène médiatique : celui de la distinction par le Financial Times de Christine Lagarde en tant que meilleur ministre européen de l’Economie et des Finances. Il est vrai que cela ne cadre pas vraiment avec la mode du « chaos national » que certains cherchent à promouvoir. C’est une belle reconnaissance de l’efficace réaction française lors du déclenchement de la crise financière, mais aussi, et il est important de le souligner pour éviter les lectures erronées de ce palmarès, pour la performance de la ministre sur la scène internationale quand il a fallu traiter de la réglementation des banques. Quel écart entre cette distinction et le pathétique spectacle du week-end précédent offert par Ségolène Royal !

Autre retour sur posts : le grand emprunt national. La commission Juppé-Rocard a remis son rapport sur les investissements d’avenir à financer par cet emprunt. Nicolas Sarkozy se prononcera sur les conclusions début décembre. 1er constat : les propositions sont effectivement bien tournées vers l’avenir. On peut ainsi saluer le fait que sont envisagés des projets dans la société numérique (avec un équilibre entre infrastructures et usages/contenus), les véhicules du futur, les énergies décarbonées (y compris le nucléaire du futur), et le développement des villes durables (trouver le moyen de concilier la nécessaire densification des villes avec la qualité de vie). L’enseignement supérieur et la recherche se taillent la part du lion, avec heureusement des garanties quant au ciblage et à l’efficacité des investissements. Il ne s’agit pas de financer le fonctionnement courant : il est sans doute utile de le rappeler quand on lit les récents écrits sur le sujet du Maire du 3e, 1er représentant de Ségolène Royal sur l’arrondissement. Le soutien aux PME n’a pas été oublié, notamment pour dégager les financements nécessaires à leur croissance. Il faudra toutefois être vigilant à ce qu’elles bénéficient des retombées des investissements en recherche.

La perspective d’un emprunt auprès des particuliers s’éloigne encore pour limiter le coût. L’essentiel, c’est de trouver le moyen de faire adhérer les Français d’une façon ou d’une autre à ces investissements pour l’avenir.

Ces propositions nécessitent la mobilisation de 35 milliards d’euros, un montant qui permet d’éviter une montée des taux d’intérêt préjudiciable à l’ensemble de l’économie. Sur ces 35 milliards, 13 milliards proviendraient des sommes remboursées par les banques. Tiens, vous vous rappelez le battage médiatique de la gauche début 2009, qui tendait à faire croire que le Gouvernement n’avait qu’une priorité, celle d’enrichir encore les banques…

Pierre Bérat

Le dit et le non-dit

Le débat sur l’identité nationale voulu par Eric Besson est bien lancé. J’ai apprécié la remarque d’un journaliste à ce sujet : la tempête médiatique démontre à elle seule la nécessité d’ouvrir ce débat. Car les réactions d’opposition ont été vives : certaines ont été pavloviennes, d’autres un peu à courte vue et d’autres enfin plus tacticiennes…

Commençons par ceux qui jugent que l’identité nationale est un tabou et qu’il n’est pas question d’en débattre. Il est assez marquant de constater qu’alors qu’il est plutôt « in » de promouvoir certaines identités, comme l’identité du terroir d’origine, du quartier, des « communautés », ou encore de l’exception culturelle française, l’identité nationale pose problème à certains.

L’identité nationale est bien sûr étroitement liée à nos valeurs et à la Nation elle-même. Ne nous y trompons pas, pour beaucoup de ceux qui jugent inconvenant d’évoquer le sujet, c’est en fait parce qu’ils sont mal à l’aise avec la Nation, étant soit adeptes de certaines idéologies « traditionnelles » ou simplement sous un effet de mode faisant office d’idéologie contemporaine. Chacun peut se vouloir exclusivement citoyen du monde, mais il faut alors avancer sans masque.

Pour moi l’identité nationale, c’est collectivement se rappeler d’où l’on vient,  pour bien savoir qui l’on est et ainsi aider à définir où l’on doit aller. Ségolène Royal s’est félicitée que l’on s’interroge sur les symboles. Mais l’identité nationale, ce ne sont pas à mon avis seulement des symboles. C’est le cadre des possibles pour notre vivre ensemble.

Autre argument des opposants au débat : le sujet est peut être légitime, mais ce n’est pas le moment. Je ne suis pas d’accord non plus. Cette question nationale me semble bien d’actualité à l’heure où figurent à l’agenda des questions majeures telles que l’équité et la solidarité entre les générations (les sujets des retraites et des déficits), le partage des richesses nationales entre les territoires, ou bien encore un sujet tel que celui de l’engagement de nos troupes en Afghanistan.

Parmi les argumentations plus tacticiennes, j’ai relevé celle de Gérard Collomb dans sa tribune de cette semaine. Il écrit que débattre de l’identité nationale ne doit « pas se réduire à convoquer l’histoire»… « La nation n’est pas simplement donnée mais construite… elle est une volonté de tous les jours ». Je peux souscrire à cette vision « évolutive » mais je sais aussi les menaces qu’elle peut comporter. Car cette « construction » de la nation et de son identité peut parfois se faire à coups de bulldozers idéologiques, ou par mitage insidieux, en cherchant systématiquement à gommer certaines origines pour servir une cause. Certains sont experts pour bâtir de l’identité avec une approche très sélective des racines historiques !

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