Jan 20

Comme je m’y suis engagé cette semaine sur Twitter, quelques infos sur la réflexion qui s’ouvre au niveau régional autour du projet d’Alliance de l’Université Rhône-Alpes.

Nous avions demandé, parce que ce n’était pas le cas, à ce que ce projet puisse être débattu (aussi) dans le cadre du fonctionnement démocratique de la Région, et que cette Alliance ne résulte pas (seulement) d’une co-construction Exécutif régional/direction des Universités-Grandes écoles. Le Président Queyranne est ainsi venu exposer en Commission “Enseignement supérieur / Recherche” les tenants de ce projet.

L’objectif de l’Alliance de l’Université Rhône-Alpes serait d’organiser des coopérations au niveau régional entre les établissements d’enseignement supérieur, pour gagner en cohérence et en réactivité en matière d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation. Autrement dit, des coopérations renforcées au niveau régional peuvent-elles contribuer à améliorer les performances de l’enseignement supérieur ? La réflexion est lancée autour de cinq thèmes : l’international, l’orientation-insertion professionnelle, la vie étudiante, la recherche-innovation-valorisation, le lien culture-université.

Cette réflexion débute dans un contexte en évolution. A la suite des Assises de l’enseignement supérieur qui se sont tenues cet automne, un projet de loi est en cours de préparation. Le rapport Le Déault réalisé à l’issue de ses assises fait un certain nombre de propositions d’évolution : parmi elles, les PRES (pôles d’enseignement supérieur et de recherche) ayant rencontré des limites, il est proposé de créer de nouvelles instances de coopération, les communautés d’universités. Parallèlement, le projet de loi pour l’acte III de la décentralisation avance. Il semble que suite aux assises, la Gauche fasse un peu machine arrière sur la régionalisation des compétences en matière d’enseignement supérieur.

Pour ma part, j’entre dans ce débat sans “idéologie”, position “à la mode” ou schéma préconçu. C’est un peu comme sur le sujet de la Métropole, dans le contexte de la décentralisation. Les premières questions à se poser sont les suivantes : quelle valeur ajoutée pour les coopérations entre établissements d’enseignement supérieur, avec quel degré de coopération ? Quel est le bon niveau territorial pour chacune de ces coopérations à valeur ajoutée, en recherchant l’efficience d’ensemble ? Quelle mise en oeuvre des coopérations pour que chacune des parties prenantes de l’enseignement supérieur (enseignants, chercheurs, étudiants, monde économique, collectivités territoriales…) puisse y jouer son rôle ?

Je suis preneur de tous avis sur ces questions, de façon publique ou privée, via ce blog ou par courrier/courriel à mon intention à la Région. Merci !

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , ,

Nov 28

Le départ de Thierry Philip du Conseil régional a entraîné une « réorganisation » de l’exécutif régional. La complexité de la machine régionale en est accrue. Cette complexité n’est pas bonne pour l’enseignement supérieur et la recherche en Rhône-Alpes. Ce post est aussi l’occasion de revenir sur deux vérités arrangées du PS local.

Quelques mots en effet sur le départ de Thierry Philip du Conseil. Je lis ici ou là « qu’il aurait fait le choix » de quitter cette collectivité par souci de ne pas additionner trop de mandats. Je crois bon de rétablir les choses : ce n’est pas un choix mais une obligation par la loi, car il y a des limites au cumul.  Belle façon de présenter les choses à son avantage ! C’est la même chose quand je lis que Najat Belkacem a le “sens du devoir” en étant candidate dans la 4e circonscription du Rhône pour les législatives… Cela fait des mois que les journaux relatent ses tentatives « malheureuses » pour trouver une circonscription plus facile, à Bron, Villeurbanne et ailleurs. Le « retour » sur la 4e semble donc bien par défaut. Je suis étonné que certains « observateurs » locaux se laissent abuser par ces arrangements avec la vérité.

Pour en revenir à Thierry Philip, il aurait en effet dû abandonner son mandat régional dès les élections cantonales s’il n’y avait pas eu de recours pour cette élection. Il aurait d’ailleurs pu abandonner son mandat malgré le contentieux électoral. Cela pose en tous cas clairement le problème du cumul-enchaînement des mandats : dans le cas présent, après une réélection à la Région en 2010, le Maire du 3e a eu en ligne de mire les cantonales de 2011. Conséquences : la mise en œuvre de la stratégie régionale d’enseignement supérieur-recherche a été bâclée, puis une période de flottement s’est installée depuis mars 2011.

Le temps d’une nouvelle « organisation » est donc venue à la Région : pour remplacer le conseiller délégué Thierry Philip, le Président du Conseil régional Jean-Jack Queyranne prend en charge lui-même les relations avec les universités-grandes écoles. Le Vice-Président à l’économie hérite de tout ce qui concerne l’innovation. Et une nouvelle conseillère déléguée est nommée, mais avec des responsabilités limitées à la vie étudiante et aux formations sanitaires et sociales.

Voilà donc l’enseignement supérieur-recherche éclaté entre trois responsables… cela ne me semble pas bon pour la cohérence de la politique sur ce thème :

  • En rattachant l’innovation à l’économie, c’est certes bien prendre en compte le rôle premier des entreprises, mais c’est prendre le risque de « décrocher » l’université de cet impératif, alors que c’est là que se trouve l’enjeu.
  • Avoir un Président du Conseil régional qui se charge des relations avec les établissements, c’est le « top » pour ces établissements… tant que les disponibilités du Président permettent un réel suivi.
  • Enfin, il me semble dommage de séparer les formations sanitaires et sociales des autres cursus. De la même façon, « isoler » la vie étudiante n’est pas un bon choix, alors qu’il faut au contraire rechercher la réussite des étudiants de façon globale.

J’ai demandé des éclaircissements sur ce “remaniement”  jeudi en commission. Je ne suis pas vraiment rassuré par la réponse du Vice-Président à l’économie qui a indiqué que tout cela était transitoire. Mais de quelle transition s’agit-il ? Si c’est dans l’attente des résultats des élections nationales de 2012, on ne peut que répondre qu’il faut agir et ne pas avoir les yeux rivés sur les éventuels mandats d’après. Si c’est une transition jusqu’en 2014, dans l’attente de la mise en place de la nouvelle décentralisation, reconnaissons que cela fait quand même un bail de 2011 à 2014.

Pour ma part, je pense qu’un vrai Vice-Président à l’enseignement supérieur-recherche, ne « pensant qu’à ça » de 2010 à 2014, cela n’aurait pas été du luxe. La thématique et ses enjeux le justifient. C’est en tous cas ce à quoi aspirent les électeurs rhônalpins quand ils votent.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , , , , ,