Juin 27

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En partant au travail jeudi matin, j’ai eu l’impression de vivre le sketch de Raymond Devos, vous savez celui de l’automobiliste condamné par l’absurdité « administrative » à devoir tourner autour d’une place. Avec la fermeture, sans avertissement en amont, de la rue Charial, j’ai été, comme beaucoup d’autres automobilistes, contraint à me réinjecter dans le secteur piégé de la rue de la Villette, à l’opposé de ma direction.

La situation du quartier Villette est en effet devenue incroyable en termes de chantiers : travaux sur Pompidou, voirie réduite rue Frédéric Mistral, rue Charial et rue Paul Bert, travaux du carrefour Paul Bert/Flandin/Villette qui s’éternisent avec l’itinéraire de déviation par Flandin qui va avec, réduction des débouchés sur le « feu » rond-point Bonnel qui rend le secteur à éviter absolument, et maintenant l’axe Villette qui est coupé au niveau de Lafayette…

La circulation est tout simplement devenue impossible. Ces « obstacles » qui fleurissent partout dans le quartier complexifie encore un plan de circulation déjà pas idéal : dès lors, les gens qui se rendent à la Part-Dieu « tournent » densifiant encore la circulation. Dans le même temps, cette asphyxie n’incite bien évidemment pas les visiteurs à venir dans le quartier : on imagine sans mal que cette situation est catastrophique pour l’activité dans une rue commerçante telle que la rue Paul Bert.

Bien sûr, il faut bien que les chantiers se fassent. Bien sûr la belle saison est plus propice au déroulement des travaux publics. Encore faut-il être conscient du fait que fin juin, ce n’est pas encore la trêve estivale, période plus appropriée pour réduire les capacités de circulation. Ensuite, face aux nuisances causées par ces chantiers, la priorité doit être donnée à leur déroulement rapide : il est inacceptable dans ce contexte de voir un chantier tel que celui du carrefour Villette/Flandin/Paul Bert traîner des mois. Et il faut une véritable coordination de proximité par les services municipaux et communautaires : quand un quartier est déjà impacté par des travaux majeurs tels que ceux du prolongement de T4, toute autorisation supplémentaire de blocage de la voirie doit être accordée sous conditions et avec l’accompagnement adapté. Enfin, le Grand Lyon doit veiller particulièrement à la remise en état rapide et complète des lieux pour éviter de créer un cadre urbain « rapiécé » : c’est un enjeu important en termes de qualité de vie et d’image pour nos quartiers !

Fin de semaine, content de rentrer à la maison. Las ! 1/2 H de bouchon sur Vivier-Merle. Pourquoi ? Parce qu’une grue neutralise les 2/3 de la chaussée. Comme chacun sait, les abords de la gare Part-Dieu le vendredi soir, c’est le bon moment pour occuper la chaussée…

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , , , ,

Avr 06

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Je me suis abstenu lors du Conseil du 3e de ce soir sur les délibérations approuvant les modalités des concertations relatives à l’extension de la ligne de tram T3 pour la desserte du Grand stade et à d’autres aménagements de T3 pour l’exploitation conjointe T3/Rhônexpress ; une abstention non pas par désaccord sur la concertation, mais pour signifier des interrogations sur le fond du dossier à la fois au plan global et pour son impact sur le quartier Villette.

Le projet d’extension de la ligne T3 consiste à créer un débranchement de la ligne à Décines pour rejoindre le site du futur Grand stade, avec création d’un nouveau terminus.

Nous abordons ce projet avec la plus grande circonspection tant il est mené dans la précipitation avec un minimum d’informations. C’est vrai pour le dossier global du Grand stade et de ses futurs accès financés par la collectivité. Par ailleurs, les dossiers de l’extension/aménagement de T3 ne sont pas sans incidences pour le quartier Villette, à deux niveaux : d’une part, avec les menaces qu’ils font planer sur la réalisation complète de l’esplanade verte Dauphiné II, d’autre part, avec les conséquences sur la circulation automobile. Ce sont ces interrogations et ces doutes qui motivent notre abstention.

Premier aspect sur lequel il faut être vigilant : les projets d’extension de l’emprise du tram sur l’espace dédié à l’Esplanade verte Dauphiné II. Chacun connaît les besoins du quartier Villette Paul Bert en espaces verts, notamment depuis la « démission » de la Ville de Lyon sur le tènement Keller Dorian. Aujourd’hui, le projet soumis consiste à réaliser sur l’îlot Millon, à côté des voies du tram, des aménagements complémentaires (aire d’attente, régulation des rames et quais). L’aménagement pourrait rester limité, mais rappelons-nous qu’il y a encore quelques semaines on nous parlait de créer à cet endroit la gare de départ pour le Grand stade. Il s’agit des terrains de l’Esplanade Dauphiné II les plus proches du cœur de quartier de Villette. Je serai particulièrement vigilant pour éviter un mitage progressif de ces terrains, comme je l’ai fait dans le passé quand le Grand Lyon avait proposé de réaliser une déchetterie le long de l’esplanade Sans Souci Dauphiné I.

Deuxième aspect : celui de l’impact sur la circulation automobile au niveau du carrefour déjà très complexe de Paul Bert/Villette/Lacassagne. En prévoyant une desserte du Grand Stade en T3 depuis la Part Dieu, cela signifie des rames supplémentaires qui vont s’ajouter aux T3 classiques, aux T4 et à Rhônexpress  lorsqu’il y aura des matchs ou d’autres événements au Grand stade. Cela signifie que le carrefour sera très fréquemment bloqué par le passage de rames, coupant ainsi l’axe essentiel que constitue Paul Bert/Lacassagne pour la sortie de Lyon et la desserte de la gare. On peut légitimement craindre l’asphyxie du quartier.

J’imagine déjà l’argument opposé par la coalition rose-verte : il faut apprendre à vivre sans voiture à la Part Dieu. Comme chacun le sait, pour faire vivre les grands centres d’affaires et de communication, une bonne desserte en trottinette est suffisante… Pour être plus sérieux, je note la mention suivante dans la délibération relative à la concertation sur l’extension de T3 pour la desserte du Grand stade : « ce débranchement implique la construction d’un ouvrage d’art permettant le franchissement de l’avenue Jean-Jaurès à Décines et ainsi d’éviter toute problématique d’interface de circulation routière… ». Les risques évoqués pour Décines, pour le seul tronçon de l’extension, ne sont-ils pas d’autant plus importants pour le tronçon du tram à Lyon 3e qui verra passer Rhônexpress, les T3 normaux et Grand stade, et T4 ?

Je fais une proposition : pourquoi ne pas prévoir une desserte du Grand stade par T3 uniquement à partir de Vaulx-en-Velin la Soie qui permet la connexion avec la ligne A du métro ? Cela limiterait le coût de la desserte du Grand stade tout en évitant de surcharger encore l’arrivée de T3/T4 sur la Part Dieu.

Chacun pourra donc s’exprimer sur ces dossiers importants du 23 avril au 4 juin dans le cadre de l’enquête publique.

écrit par Pierre BERAT \\ tags: , , , ,