Quelle rentrée ! Pratiquement chaque  jour la « majorité » gouvernementale repousse les limites de l’incroyable. Même le scenariste de l’excellente série Borgen n’imaginerait pas de tels rebondissements. Et pendant ce temps là, la France s’enfonce dans le déclin moral et économique, comme le démontrent chaque mois les enquêtes de conjoncture, avec une France à la traîne en Europe… ou bien l’intervention complètement décalée du Président lors du sommet de l’OTAN. Et ce ne sont pas les oraux de rattrapage de mardi et jeudi dernier qui changent le triste constat…

Ce qui me frappe aussi en cette période, c’est l’hypocrisie de cette « majorité ».

Comment peut-elle se parer des habits du courage, du redressement et de la réforme alors qu’elle vient de gâcher plus de deux années de pouvoir, détricotant des mesures du précédent quinquennat, asphixiant l’économie française par sa pression fiscale et bureaucratique et égarant les Français dans des voies sociétales sans issue ?

Comment le Premier ministre a-t-il pu venir nous alerter sur un danger de crise politique majeure alors que c’est sa famille politique qui depuis 2012, par ses mesures, et même avant, par son attitude irresponsable, a trompé et exaspéré les Français ? Plutôt qu’une alerte, nous attendons au moins une reconnaissance des erreurs commises.

Quant aux « surprenantes » affaires Strauss-Kahn, Cahuzac et Thevenoud…, chaque fois, c’est la stupéfaction sur ces « histoires » qui sont bien sûr des histoires individuelles. Mais comment ne pas se poser la question des logiques collectives qui ont laissé cela arriver au sommet de l’Etat.

Mais cette hypocrisie n’est pas que « parisienne ». Et toute proportion gardée, elle me semble aussi à l’œuvre dans notre arrondissement comme nous venons de le constater à propos des capacités d’expression laissées à l’opposition municipale. Nous pouvons faire le constat que les socialistes locaux, grands donneurs de leçons démocratiques (cf. les déclarations de Thierry Philip lors de son élection en 2008), ne se gênent pas pour brider notre expression : volonté d’interdire aux élus d’assister aux réunions des conseils de quartier, interdiction faite aux élus de participer au débat du CICA, refus d’examiner des vœux en conseil d’arrondissement…

Ils font aussi des choix « surprenants » quant aux tribunes d’opposition dans le journal d’arrondissement Vision 3e. Ce n’est certes pas l’affaire du siècle, il y a bien sûr des choses plus importantes, mais pour autant, il y a des questions de principe à ne pas laisser passer.

Le Maire du 3e et son équipe viennent ainsi sciemment d’augmenter de 25 % l’espace de la tribune d’opposition pour un élu non inscrit, ce qui profite au Front national. Comprenons-nous bien, le Front national, comme tout parti qui obtient des élus lors des élections municipales, a droit à un espace d’expression. Mais par contre, il n’y a aucune raison pour qu’en termes d’expression, un élu FN soit équivalent à 3,4 élus UMP ! Il convient de tenir compte des scores réalisés. C’est pourtant ce qu’ont imposé les socialistes.

Hypocrisie ? C’est en tous cas la confirmation de ce que nous avons déjà dénoncé, à savoir les intérêts électoraux convergents du PS et du FN. Dans ces conditions, que le Maire du 3e nous épargne au moins ses grandes tirades !