Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Transmission de mémoire

Le devoir de mémoire a été au cœur de ce dernier week-end avec la traditionnelle cérémonie de commémoration du 8 mai 1945 à Montchat et l’inauguration du Parc Jacob Kaplan la veille. Deux manifestations qui m’évoquent aussi fortement l’impératif de la transmission de la mémoire.

 

Comme chaque fois que je le peux, j’ai assisté à l’attachante cérémonie de commémoration du 8 mai à Montchat. L’ambiance de village du quartier fait que les commémorations de Montchat sont particulièrement fortes, puisqu’elles traduisent l’hommage d’une communauté locale à ses membres disparus lors des derniers conflits mondiaux. Elles me rappellent les cérémonies auxquelles j’assistais enfant, au cours desquelles nous rendions hommage aux soldats disparus, en tant qu’écoliers, en ponctuant l’énoncé de leur nom par un « Mort pour la France ».

 

J’ai décidé cette année d’aller à cette cérémonie avec mes deux fils. Ils sont en âge de commencer à comprendre ce qu’une telle manifestation peut signifier. Je crois que cette transmission de mémoire est essentielle. Les enfants d’aujourd’hui ont peu ou pas connu leurs arrière-grand-parents qui ont pris part à la seconde guerre mondiale. Sans témoin direct, la perception de l’événement n’en est que plus difficile. D’où l’importance de veiller à leur faire connaître, à leur faire comprendre ce qu’ont été les guerres mondiales. Leur faire prendre conscience tout d’abord ce que cela signifie que de répondre à l’appel du pays pour le défendre ; que nombre de personnes ont pour cela sacrifié leur vie ; que nombre d’entre eux en ont subi des traumatismes physiques et psychologiques et que tous y ont perdu des années de jeunesse.

 

Il est aussi capital de leur faire comprendre ce que peut représenter le 8 mai 1945, en tant que victoire sur le nazisme et ses crimes ; leur révéler que la liberté d’aujourd’hui, nous la devons à ces soldats, Français de métropole et des territoires de l’outre-mer, des pays alliés, à ces héros de la résistance, qui chacun ont mené leur part du terrible combat qui a permis de recouvrer la liberté. C’est avec intérêt que j’ai pu voir qu’une telle cérémonie venait en résonance avec les enseignements de l’école.

 

La veille, nous vivions un autre moment fort dans l’arrondissement avec l’inauguration du Parc Jacob Kaplan. En donnant ce nom au parc de la Buire, la Ville rend hommage à un résistant français, qui fut décoré de la croix de guerre lors des deux guerres mondiales. Cet hommage comporte bien sûr une dimension particulière, puisque Jacob Kaplan a eu le courage de dénoncer publiquement dès 1940 la déportation des Juifs, puis les lois anti-juives adoptées par les autorités de Vichy, malgré les risques encore plus forts que pouvaient entraîner de tels actes de résistance pour un Français de confession juive, rabbin, pour lui-même et sa famille. Cet hommage nous rappelle ces heures sombres de notre histoire nationale. Là encore, il est de notre responsabilité de transmettre cette mémoire.

 

Pierre Bérat

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7 Comments

  1. sans souci

    En donnant le nom de Jacob KAPLAN à ce nouveau square, la ville de LYON capitale de la Résistance, rend ainsi hommage à un juif français, qui, malgré les risques encourus, a sauvé nombre de personnes : merci Monsieur le RABBIN. Qui sauve un homme, sauve l’humanité toute entière.

  2. Pierre,

    Ton papier est très interessant et je l’approuve bien sur. Il est bon effectivement, qu’au jour d’aujourd’hui il faut rappeler la mémoire et rendre hommage à toutes celles et ceux qui sont morts pour la patrie, pour la France.

    Personellement, je suis allé aux cérémonies du Parc de la Tête d’Or où, dans l’ensemble Les discours prononcés firent l’éloge du Général de Gaulle et de son action, de la résistance avec la participation de jeunes collégiens.

    Je voudrais te dire comment chez nous en Lorraine, lors de mon adolescence, nous rendions beaucoup hommage à nos poilus pour lesques j’ai un profond respect. La méthode employée par notre prof d’histoire fut rude. Car souvent, en culottes courtes et brodequins aux pieds(près d’1Kg), nous marchâmes en plein hiver le long de la “voie sacrée” de Bar-le-Duc à Verdun soit près de 50 km. Cette “voie sacrée” fut celle que nos vaillants poilus ont empruntée la fleur au fusil pour terminer dans un véritable carnage à Verdun et Glorieux et alentours. Eux aussi ne doivent pas être oubliés : ce fut le prix du sang pour que l’Alsace et la Moselle reviennent dans le champ de la mère-patrie qu’est la France. Et pour bien nous faire rappeller ces évènements douloureux de 1914 et 1940, en ce qui me concerne avec mes soeurs, nous avions au dessus de nos berceaux la Croix de Lorraine. Comme tu peux le voir, il y a diverses façons de faire comprendre l’histoire, de rappeler à notre jeunesse le sang pur de nos soldats pour leur mère-patrie, la France.

    Gaullistement
    Claude JEANDEL

  3. Guyot

    Je me souviens de cette journée oû tout le monde avait envahie la rue de la République en pleurant en chantant, quels grands moments;Pourquoi 9 ans plus tard ,pour moi ce fut la catastrophe, Dien Bien Phu, l’écroulement de tout ce que l’on nous avait appris sur notre pays la France battue ,oublié quelques temps avec le retour du Général qui devait nous remettre avec l’Allemagne au centre de cette Europe, que beaucoup ne veulent pas voir comme notre seule planche de salut et s’en désintéressent complètement aujourd’hui et viendront pleurer demain .

  4. Monchat

    Merci Monsieur Bérat d’évoquer sur votre blog cette journée du 8 Mai si importante pour notre histoire et notre souvenir, et merci de le faire dans ce qu’elle a de plus originelle.Si je prends la parole c’est pour rendre compte de ma perception de la dernière partie du discours de Mr Philippe, qui, s’il a su parler avec verve comme souvent, “récupère” sans compexe la force et le poids de l’histoire pour la transposer de façon totalement idéologique au contexte d’aujourd’hui et dénoncer la crise, les évènements d’outre mer… en opposition basique au gouvernement actuel, faisant ainsi sa propre promotion politique !
    Franchement ce n’était ni le lieu ni le moment !!…

    Cordialement.

  5. admin

    @ Mon(t)chat, bien d’accord avec vous ! Je n’ai pas vraiment compris ce que venait faire l’immigration ou le mouvement social dans les Antilles dans ce discours. mais finalement est-ce bien étonnant ? Comme tous les cadres socialistes, c’est la technique habituelle de harcèlement du Gouvernement, et comme souvent aussi, d’utilisation d’un événement symbolique à d’autres fins, effectivement idéologiques.
    Pierre Bérat

  6. Christine

    J’ai été touchée par votre article sur la commémoration du 8 mai 1945. Moi-même, c’est dans le VALROMEY que j’ai honoré les combattants, résistants, habitants de petits villages de cette contrée. Beaucoup ont été tués, déportés et n’en sont jamais revenus.
    On évoque le mauvais souvenir de ses rafles et la triste histoire des enfants d’Izieu. Des enfants étaient là pour nous le rappeler.
    Il faut continuer à exercer ce devoir de mémoire car ceux qui ont vécu, subi ces moments terribles s’éteignent. On sait que dans les familles, toutes les souffrances et tous les faits n’ont pas été racontés, creusant ainsi le fossé des non dits, par pudeur et parce que la souffrance ne se raconte pas.
    J’étais à côté d’un combattant de 84 ans qui me rappelait que l’annonce de la fin de la guerre était le 7 mai après 22h.. et qu’il s’en souvenait bien parce que c’était le jour de ses 20 ans. Il travaillait à ce moment là en Allemagne comme nombre de nos compatriotes.
    Il était heureux qu’après quelques années où le souvenir se limitait à des dépôts de gerbes, les citoyens, les élus se mobilisent à nouveau et de plus en plus nombreux pour ne pas oublier.
    C’est pour toutes ces raisons qu’il ne faut pas laisser la place aux négationnistes qui attendent avec impatience la place libre de la mémoire, pour ainsi tenter de falsifier l’Histoire.
    De même, comme le dit plus haut M. GUYOT, on ne peut passer sous silence d’autres guerres, telle l’Indochine, qui s’est déroulée en terre lointaine mais qui a mobilisé des combattants qui ont besoin de la reconnaissance de la mère Patrie. Il n’y a pas de petites ou de grandes guerres car toutes ont un point commun : la souffrance.
    On ne peut en aucun cas masquer ces faits en les assimilant aux conflits sociaux ou autres actuels.
    Chaque chose doit être à sa place dans l’Histoire afin de permettre le recueillement et non pas la polémique.

  7. admin

    Merci Christine pour la profondeur de votre témoignage.
    Bon week end
    Pierre Bérat

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