Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Un modèle ! Quel modèle ?

IMG-20150223-00588J’aime beaucoup le sketch de Coluche dans lequel il parle d’un professeur d’université qui “vendait de l’intelligence mais n’avait pas un échantillon sur lui”. Je reprendrais volontiers cette formule à propos du fonctionnement de nos collectivités locales. Gérard Collomb et son équipe nous vendent un modèle lyonnais qui incarnerait la modération, l’équilibre, le bien vivre ensemble. Mais force est de constater que dans leurs actes, dans leur façon d’opérer la démocratie locale, nous n’en voyons pas un échantillon.

J’ai déjà évoqué comment la Métropole se mettait en place avec des règles d’exception qui loin de constituer une expérimentation de progrès, font faire quelques pas en arrière : une organisation intercommunale qui se transforme en collectivité de plein exercice sans qu’il y ait de nouvelle élection, un exécutif où la parité n’est pas respectée, le futur mode de scrutin de la Métropole préparé en catimini, dans une urgence qui pose question, et se traduit par un bel exemple de charcutage électoral à visée politicienne. Et puis il y a l’incroyable épisode de la mise en place de la Commission permanente de la Métropole. Toujours grâce à des dispositions d’exception, cette commission est constituée en excluant toute représentation de l’opposition, avec la seule exception de la désignation de l’élue dissidente du PRG Ludivine Piantoni. Cette commission permanente, sous-ensemble du conseil métropolitain, est pourtant censée examiner et approuver les décisions courantes. Il y a donc une volontée claire de Gérard Collomb de ne pas permettre à l’opposition de jouer son rôle. Dans n’importe quel pays soumis à l’examen de ses pratiques démocratiques, l’ONU aurait relevé une telle dérive.

Et puis, au-delà de l’organisation du fonctionnement démocratique, il y a la pratique des mandats politiques. Quiconque visionne la retransmission des débats du Conseil municipal ou du Conseil du Grand Lyon peut constater combien le Maire de Lyon est méprisant avec l’opposition. Je rappelle aussi l’épisode récent où l’adjoint à la sécurité, Monsieur Sécheresse, en réponse à une intervention de ma part sur la lutte contre la délinquance, s’était permis des propos injurieux, sans aucun rappel à l’ordre du Maire de Lyon. Un comble que l’adjoint en charge de la sécurité et de la tranquillité publique se complaise dans les incivilités.

Lors du dernier conseil du Grand Lyon, l’élue PS Anne Brugnera se permet d’accuser le groupe UMP de faire du “fonctionnaire bashing”. Nous plaidons pour une maîtrise de la dépense publique, et cela est traduit par la gauche par du “fonctionnaire bashing”… Là encore, soutien implicite de Gérard Collomb. Nous avons du quitter la séance et sommes toujours en attente d’excuses.

Rappelons aussi le consternant épisode qui a vu Thierry Philip retirer sa délégation de conseillère déléguée à la Mairie du 3e à Ludivine Piantoni, pour la punir de s’être faite élire à la Commission permanente du Grand Lyon, occasionnant un nouveau changement de responsabilités au sein de la Mairie d’arrondissement.

On peut parler aussi du règlement intérieur du Conseil du 3e arrondissement qui empêchait les élus de participer aux débats du CICA, alors qu’il était clairement une atteinte au droit d’expression des élus. Après plusieurs demandes de correctifs, il a fallu menacer d’un recours en justice pour obtenir la mise en conformité…

Dernier exemple en date, le dernier conseil du 3e arrondissement. Alors que je venais d’expliquer que nous voterions non sur deux dossiers relatifs à la vente de terrains de la Ville de Lyon, au motif que nous déplorons une absence de vision urbanistique à Montchat, avec une densification non maîtrisée, le Maire du 3e Thierry Philip se tourne vers son adjointe à l’urbanisme et lui dit quelque chose du style “ne réponds pas, laisse le faire son cinéma”…

En fait, à chaque fois que l’on appuie là où cela fait mal, c’est un dérapage verbal des élus en charge. Cette attitude est insupportable. Le fait d’être un notable socialiste n’exonère pas de se comporter dignement.

J’invite en tous cas les Lyonnais à ne pas s’en tenir aux apparences et aux beaux discours et à examiner les actes et les pratiques.

Quant au “cinéma” de la densification à marche forcé à Montchat, il n’est pas terminé. Notre action n’est pas un court-métrage. Thierry Philip et son équipe vont devoir assumer leurs décisions.

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3 Comments

  1. Teste

    C’est tout de même très triste de voir cette “comédie” socialiste à la naissance de La Métropole .
    Je pense que c’est le reflet de ce que l’on peut voir et entendre à Paris
    Pauvre France !!! et que dire des retraités qui viennent de perdre un important pourcentage sur leur retraite de février mais personne n’en parle ??? surtout la presse.
    Bon courage à vous
    Cordialement

  2. edmee

    blog toujours aussi clair et pertinent merci beaucoup

  3. Guyot

    que pensez de tout cela? La démocratie en France est vraiment menacée et Lyon hélas n’est pas prêt de changer de majorité, Collomb sait s’assurer des votes des élus qui ne sont pas de son bord, et cela va durer, les prochaines confrontations auront lieu entre les radicaux de Braillard et les socialistes de Collomb. La droite est vraiment inaudible sur Lyon. Sauf peut être sur Monchat!
    Tout ne devrait pourtant pas être aussi simple, je viens de voir des affiches pour la prochaine réunion du conseil de quartier de la Part Dieu qui veut s’opposer à la construction des tours.

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