Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Un système bancal

Suite à son entrée au Gouvernement, Madame Vallaud-Belkacem a donc renoncé in extremis à se présenter aux élections législatives dans la 4e circonscription. Chacun y va de son commentaire ou analyse sur ce renoncement. Pour ma part, voilà plusieurs mois que je déplore l’emballement médiatique autour de Mme Vallaud-Belkacem, l’excès de personnalisation. Je ne souhaite donc pas participer à cette agitation en venant disserter sur le fait de savoir s’il y a tromperie, manque de prise de risque ou logique institutionnelle. J’ai juste envie de dire, pour ce qui concerne la 4e circonscription, tout ça pour ça !

Je regrette que nous ne puissions pas mener ce combat électoral contre Mme Vallaud-Belkacem. Il me motivait beaucoup. Si l’on met de côté le marketing politique à outrance, il aurait été intéressant de débattre projet contre projet, conception contre conception de la République française.

Je veux aussi, malgré ses “franchissements de ligne jaune” contre Nicolas Sarkozy, adresser mes félicitations républicaines à Madame Vallaud-Belkacem, pour son entrée au Gouvernement.

Maintenant, cette péripétie électorale m’inspire un commentaire à portée institutionnelle. Depuis l’instauration du quinquennat, et la mise en place de la séquence pour l’instant bien réglée “présidentielle-législatives”, il me semble que cette période entre les deux élections est un peu bancale. Est-il vraiment opportun de mettre en place un Gouvernement temporaire de quelques semaines ? Ne serait-il pas préférable d’organiser une période de transition, le Gouvernement sortant gérant les affaires courantes jusqu’aux législatives. Les Etats-Unis par exemple connaissent une période de transition assez longue.

Cela permettrait d’attendre le résultat des législatives pour établir, et bien doser, la composition gouvernementale et cela éviterait ainsi de donner des signes politiques forts, avec ce Gouvernement temporaire, qui peuvent être remis en question quelques semaines plus tard. Rappelons-nous que notre régime n’est pas purement présidentiel. La représentation nationale assurée par l’Assemblée nationale est déterminante.

C’est d’autant plus le cas avec la séquence que nous vivons actuellement, avec une courte élection d’un Président de la République, dans une logique “contre” plutôt qu’une dynamique de mobilisation sur un projet. Le scrutin législatif de juin reste ouvert, sachant qu’il n’y a pas de majorité de gauche dans le pays et que les réalités commencent déjà à s’imposer à François Hollande. Dans cette phase transitoire, il aurait pu au moins nous être épargnées les dénominations “baroques” de certains ministères, pour s’en tenir au classique.

Une telle transition permettrait d’éviter aussi ces interrogations sur les projets et plans de carrière des nouveaux ministres. Chacun des nouveaux ministres “politiques” potentiels pourrait ainsi concourir aux législatives, se battre pour contribuer à la conquête de la majorité législative, et en fonction du résultat global et personnel, intégrer ou non le nouveau Gouvernement.

Sur ce, pour nous la campagne continue !

 

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10 Comments

  1. Dominique

    Moi, je ne félicite pas quelqu’un qui par peur de devoir démissionner renonce aux législatives pour assurer son ministère. Avoir aussi peu de considération à l’endroit des lyonnais démontre une ambition personnelle bien marquée plutôt qu’un projet de société très structuré et dont on souhaite voir l’aboutissement comme la plus forte de ses motivations. A fortiori en étant socialiste, l’altruisme, fondement essentiel de ce mode de raisonnement aurait du la retenir un peu plus. Aussi quel attachement peut-il y avoir à une ville et à ses habitants quand on vient d’ailleurs, parachutée par opportunisme ? Aucun sinon celui d’une carriériste à sa carrière.

  2. Math

    Oui, la campagne continue, à l’annonce de sa désignation j’étais déjà convaincue que sa candidature serait retirée, elle a tellement peur de perdre son poste suite à un échec assuré dans notre circonscription. Elle n’a pas le charisme pour débattre avec vous Pierre sur les sujets très pointus. Elle assure la communication et le droit des femmes que va-t-elle nous “inventer” en cas de mesures impopulaires.
    Elle est sous les “feux des médias” son but est atteint.
    Maintenant à nous de tout mettre en oeuvre pour gagner ces législatives. Le gouvernement composé est très curieux. On entend sans cesse “au travail” pour le gouvernement. Il ont la mémoire défaillante car le gouvernement de F. Fillon a loin d’avoir failli dans ses missions. Attendons les impôts pour financer les premières mesures annoncées dans le but de faire rêver les français. Restons vigilants dans cette période d’essai qui je l’espère ne sera pas trop lourde en dépenses. Les leurres sont l’apanage de ce Gouvernement.

  3. pascale

    Madame la ministre Belkacem, refuse tout d’abord de perdre la face sur la 4° circo, mais elle ne perd pas tout
    As-t-elle le droit de rester dans l’exécutif de G COLLOMB ?(NB pas de ministre dans un exécutif a dit FH)
    personne ne le sait
    En tout cas elle restera Conseillère générale de Montchat
    Le seul but de cette jeune femme que l’on connait depuis dix ans c’est d’exister dans les medias qui l’ont bien compris ….cela n’a qu’un temps

  4. Pierre BERAT

    @ Pascale,
    Gérard Collomb a confirmé dans Le Progrès qu’elle allait quitter ses fonctions d’adjoint. J’ai d’ailleurs trouvé le Maire de Lyon très dirigiste dans cet article, style DRH qui gère son groupe ! On se demande pourquoi…

  5. Math

    Je crois que cela est un grand soulagement pour lui. En tant que D.R.H. les missions de son adjoint n’ étaient plus assurée depuis le début de la campagne. Ils réduits sans doute ses effectifs au sein de son conseil !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  6. Pierre, bonjour,

    Je pense que tu confonds l’esprit et la lettre de la Vème.

    D’abord, juridiquement et constitutionnellement, aucun ministre n’est obligé de démissionner à la suite d’une défaite électorale. C’est tout simplement une éthique qui est imposée à l’intérieur du gouvernement. Ceci pour une bonne raison, que pour asseoir sa légitimité, il est quand même utile, sinon obligatoire de se faire élire par le peuple.

    C’est ainsi que si je prends le cas de Dominique de Villepin, qui, visiblement, n’ a pas l’air interessé par un mandat éléctif ce qui abaisse la portée de ses réflexions politiques. Car il est clair que s’il était parlementaire, sa vision politique serait renforcée.

    Dans le cadre d’une transition de pouvoir, ta réflexion me parait plus que bancale, en ce sens, que sous la Vème République la transition s’est toujours faite ainsi. En fait, tu confonds un comportement individuel avec l’esprit et la lettre de nos institutions. En effet, le quinquennat, auquel j’étais personnellement opposé, s’est fait sous Jacques Chirac et Lionel Jospin c’est-à-dire sous la cohabitation et dont la finalité était d’éviter de nouveau, une cohabitation.

    Cela étant dit, on ne change pas une règle du jeu au motif que l’on est pas capable de gagner une élection, qu’elle soit locale, régionale ou nationale. Il est normal, constitutionnellement parlant et politiquement que le nouveau Président de la République, qu’elle qu’en soit la couleur, dispose d’une majorité parlementaire pour appliquer sa politique.

    C’est le concept même de la Vèeme République.

    Par contre, je suis d’accord avec toi que NVB, dans la pratique donne une mauvaise image de la politique et du politique. Elle pense d’abord à sa propre carrière politique, non à l’intérêt général et des citoyens. De plus, elle est un pur produit du marketing politique sans éthique et sans grandeur.

    “A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire” . De toute façon, l’ordre de la nature en politique notamment, fait qu’il y a toujours un équilibre. La roue tourne, en politique comme ailleurs.

    A vous tous, dans la 4eme circonscription d’être prêts quand viendra votre tour.

    Gaullistement
    Claude JEANDEL

  7. Pierre BERAT

    @ Claude,
    Notre Constitution n’a pas exclu l’hypothèse d’une cohabitation que je sache.
    Quant à la période de transition, ce n’est pas parce que les règles sont ainsi aujourd’hui qu’il n’est pas possible d’en changer. Les nouveaux gouvernements intérimaires, avant les législatives, sont un peu “hypocrites” dans la mesure où ils peuvent donner des signes politiques démentis après les législatives, même sans cohabitation. Par ailleurs, cela pose effectivement ce problème des nouveaux ministres candidats ou pas…

  8. edmee

    on peut tout pardonner les echecs, les erreurs, les propos parfois un peu déplacés et même parfois les magouilles…. mais pas la lacheté … en effet cette dame qui comme tous ces confrères au gouvernement n’a aucune expérience de la chose public (à hauteur d’un pays s’entend) . Elle ne veut pas se présenter dans la 4eme ciconscription pas peur de l’echec ou de ce qu’elle risque d’entendre ?? voilà la véritable question elle a par le passé pris des positions qui ne l’honneur guère et est porte parole (je crois avec tous ces nouvelles appelations on s’y pert un peu ) mais veux à tout pris gardé la place et les trop nombreux avantages qui vont avec. Si le président respectait sa paroles il aurait du lui dire de se maintenir afin d’être ou ne pas être député, mais rien silence sur la ligne. et pas une ligne ni une parole de journaliste pour en faire la remarque pourtant ceux-ci n’ont par le passé pas été en reste pour critiqué N.S et son gouvernement

  9. Philippe

    plutôt que critiquer systématiquement 1 seule personne et un seul parti, expliquez nous pourquoi 3 formations de droite (en dehors de la vôtre) sont venus arpenter le marché rue Gabillot et ne se sont pas gênées pour critiquer votre parti et notamment la défaite aux présidentielles.
    Vous devriez lire attentivement leurs tracts.
    En tout cas, il faudra expliquer aux électeurs la différence entre toutes ces formations de droite.

  10. Pierre BERAT

    @ Philippe, je crois qu’il faut que vous acceptiez les critiques et il faut que vous sachiez que beaucoup de Français sont scandalisés par les attaques permanentes et excessives du PS contre Nicolas Sarkozy, pendant 5 ans.
    Pour ce qui est des candidatures divers droite aux législatives, je crois d’abord que chacun peut se présenter s’il le souhaite. Au-delà de l’aspect financement des partis politiques ou préparation des municipales, ces candidats devront dire en quoi leurs idées se distinguent de celles que nous défendons à l’UMP.
    L’argument sur le manque de débat et de pluralisme au sein de l’UMP risque de ne pas suffire : notre ticket Nachury-Bérat démontre le contraire.

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