UniversiteIntervention lors du Conseil métropolitain du 21 septembre 2015 sur le soutien à la Communauté d’universités et d’établissements de Lyon.

“Le groupe Les Républicains et apparentés va voter ce soutien à l’Université de Lyon. L’engagement en faveur de l’enseignement supérieur est une nécessité, quand on sait notamment que les jeunes diplômés du supérieur ont cinq fois moins de risques d’être au chômage.

On sait aussi que beaucoup reste à faire dans notre agglomération. L’académie de Lyon est ainsi qualifiée de « cancre » en matière de logement étudiant, et c’est à Lyon que le coût de la vie étudiante est le plus élevé après l’Ile-de-France.

Nous approuvons ce soutien mais nous en appelons à une réflexion sur cette politique compte tenu du nouveau contexte que nous connaissons. Avec la réduction de la dépense publique, il sera plus que jamais nécessaire de savoir qui fait quoi et de s’assurer que toutes les interventions vont bien dans le bon sens.

Se pose d’abord la question de l’engagement de l’Etat, qui a la responsabilité de l’enseignement supérieur et de la recherche. Sur ce sujet comme sur d’autres, François Hollande avait promis beaucoup à la jeunesse, et les résultats sont bien maigres. Les moyens consacrés aux universités stagnent, alors que les effectifs étudiants continuent d’augmenter : + 65 000 pour cette année universitaire. La France est à la traine pour l’investissement par étudiant : 14e rang seulement des pays de l’OCDE. Pire, le Gouvernement vient de « faire les poches » aux universités, prélevant de l’argent dans les fonds de roulement, au risque de menacer leurs projets. Des élections se profilant, on nous annonce un plan national de la vie étudiante : quelle sera sa réalité au-delà de l’effet d’affichage ?

Se pose ensuite la question de l’articulation avec la Région. La loi NOTRe confie clairement la responsabilité à la Région d’établir un schéma régional de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, schéma définissant les priorités d’intervention, priorités qui devront être prises en compte par les autres collectivités. Est-il par exemple intelligent que Région et Ville de Lyon saupoudrent toutes les deux de petites aides aux colloques de quelques centaines d’euros ? Il faudra donc parler avec la Région. Nous savons que vous avez du mal à le faire actuellement. M. Bret et Mme Boudaoud doivent être les derniers socialistes à parler à M. Queyranne. Souhaitons qu’un nouveau souffle à la Région permette de dégager ces obstacles dès la fin de cette année !

Se pose enfin la question du territoire pertinent pour soutenir localement l’enseignement supérieur. La Communauté d’universités et d’établissements que nous soutenons est celle du pôle Lyon-Saint Etienne. La Métropole de Lyon n’est donc pas la seule concernée. Vous avez par ailleurs créé un pôle métropolitain avec l’agglomération de Saint-Etienne. On se demande parfois pourquoi ce pôle vient s’occuper de certains sujets ; on s’étonne par contre qu’il traite peu de l’enseignement supérieur alors que l’Université de Lyon réunit aujourd’hui Lyon et Saint-Etienne. Tout cela est décidément bien complexe, entremêlé. Cela manque un peu d’esprit cartésien pour rester dans le domaine du savoir. Certes, nous allons aussi approuver aujourd’hui la création d’un service commun entre la Ville de Lyon et la Métropole. Mais cette optimisation des moyens publics semble bien modeste par rapport aux clarifications à opérer.

Donc oui nous approuvons le soutien à l’Université de Lyon. Mais dans les temps compliqués que nous connaissons en matière d’investissement public, il faut nous assurer que nous faisons globalement au mieux pour que l’enseignement supérieur remplisse sa mission de transmission du savoir, pour que les étudiants aient de bons débouchés professionnels et pour qu’ils puissent étudier dans de bonnes conditions.

Il devient urgent de rappeler l’Etat à ses responsabilités et de débattre du qui doit soutenir quoi, entre les collectivités, pour une action conjointe optimale. Vous pouvez compter sur notre détermination, pour l’un comme pour l’autre.”