Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Virage à droite ?

Virage à droite. Telle est la teneur de nombreux commentaires et réactions politiques à l’interview de Nicolas Sarkozy sur ses valeurs pour la France dans le Fig Mag. Pour ma part, je trouve que nous sommes plutôt dans la continuité du projet présidentiel de 2007. Je m’en félicite et en tant que (toujours !) candidat pour porter les couleurs de l’UMP pour les législatives dans la 4e circonscription, je suis prêt à porter ces orientations.

Mais revenons sur le fond des positions exprimées par Nicolas Sarkozy. Je serai tenté d’abord de conseiller à chacun de lire l’article dans son intégralité et de ne pas s’en tenir aux commentaires qui en sont faits ou à des « réactions réflexes ».

Nicolas Sarkozy confirme que les trois valeurs travail, responsabilité et autorité restent pleinement d’actualité. Il est vrai qu’elles témoignent d’un choix de société. A chacun de se déterminer à ce propos. Pour ma part j’adhère pleinement au couple liberté-responsabilité, et je partage qu’il ne peut y avoir de société constituant un cadre d’épanouissement, sans devoirs et régulations, et cela dans tous les domaines et à tous les niveaux. L’autorité reste par ailleurs un pilier essentiel.

Concernant le travail, je partage aussi l’idée que ce n’est pas seulement une dimension incontournable. Il contribue aussi à l’accomplissement personnel. Pour ce qui est orientations définies par le Président pour développer le travail, et donc lutter contre le chômage, nous sommes bien obligés de reconnaître que le volet « insertion professionnelle » de certains dispositifs reste insuffisant. La question se posait déjà avec le RMI, le RSA ne semble pas donner pleine satisfaction. Il ne faut pas abandonner ce volet « insertion ».

Concernant les orientations sur le système d’indemnisation du chômage, je crois utile de citer précisément les propos du Président : « Passé un délai de quelques mois, toute personne au chômage sans perspective sérieuse de reprise d’emploi devra choisir une formation qualifiante. Celle-ci sera définie par un comité national qui identifiera, avec des chefs d’entreprise et des syndicalistes, les secteurs d’avenir créateurs d’emplois. A l’issue de cette formation, qui sera obligatoire, le chômeur sera tenu d’accepter la première offre d’emploi correspondant au métier pour lequel il aura été formé ».

Qu’y-a-t-il de scandaleux dans cette approche consistant à organiser un système efficace de réorientation professionnelle, quand cela s’avère inévitable ? Il me semble au contraire voir dans cette proposition une approche cohérente répondant aux intérêts indivuels et collectifs. Je ferais juste deux remarques : la nécessité de mener aussi le chantier sur l’orientation professionnelle initiale, et peut être des précisions ou des modulations à apporter sur l’impératif d’acceptation de la première offre d’emploi.

Faut-il procéder par référendum pour adopter une telle réforme ? Pourquoi pas, puisqu’il s’agit quand même d’un choix majeur sur les responsabilités individuelles et collectives concernant le marché du travail. Contrairement à ce que j’entends, il me semble possible de répondre par oui ou non si l’exposé des principes de la réforme est clair.

Je viens d’entendre François Hollande dénoncer les propos de Nicolas Sarkozy sur la politique de l’immigration. Là encore, que chacun lise le texte. Outre la confirmation de son opposition au droit de vote des étrangers non communautaires , Nicolas Sarkozy dit qu’il faut aller plus loin pour mieux réguler l’immigration. Ses orientations sont assez techniques, constatant que la complexité de notre système judiciaire est un obstacle à une régulation efficace. Le référendum sur cette question n’est pas posé par principe, mais seulement s’il faut une révision de la Constitution.

Adhésion totale également à la proposition de moduler les dotations de l’Etat aux collectivités locales en fonction des efforts de maîtrise des dépenses réalisés par ces collectivités. En ces temps où la rigueur est  au programme, il faut responsabiliser. Alors que je viens de ferrailler au Conseil régional sur l’évaluation des politiques régionales (voir video de mon dernier post), cela me parle.

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5 Comments

  1. Sylvie

    Avant de dire que le RSA ne fonctionne pas bien, ne faut il pas mettre en cause le boycott de la mesure par des collectivés locales allergiques à toute mesure du gouvernement, par pur esprit de contradiction ? Avons nous assez parlé de l’expérimentation du contrat de 7 heures par le conseil général du Rhône ?

    C’est plus facile de laisser les personnes dans l’assistanat que de travailler à leur redonner leur dignité en leur permettant d’accéder à l’emploi.

  2. Guyot Roger

    Je viens de lire l’entretien de N.S. sur le Figaro; Ces explications sont claires et nettes et confirment ses dires lors de son passage à la T.V. Mais faut-il encore que les commentaires de la presse, des autres candidats, des syndicats .. ne soient pas systématiquement déformés, ou complètement insultants tels les propos de F. Bayrou sur l’humanisme. La campagne va maintenant démarrer et j’espère des arguments un peu plus cinglants pour contredire toutes les fausses nouvelles divulguées de partout. Il est dommage qu’il n’ai pas adressé un message plus marqué, pour les jeunes et pour l’avenir, ( faire rêver . ) C’est certainement pour le lancement de sa campagne.

  3. pascale

    excellent article du Figaro, dans lequel je retrouve parfaitement les valeurs que je veux défendre.
    la gauche veux faire croire que ce sont des valeurs “ringardes” : mais ce sont les seules capables de donner un sens à une politique ;
    Il faudra simplement que le candidat Sarkozy donne “envie” qu’on le suive, avec enthousiasme et détermination en respectant toutes ces valeurs sans baisser les bras
    Ne pas oublier que la réussite vient de la conviction

  4. Dominique

    Virage à droite ? Qu’est-ce que cela signifie ? La droite n’effraie pas mais rassure …Cela doit-il s’entendre de “à droite toute vers l’extrême ? Les médias n’en seraient pas à leur coup d’essai étant plutôt à gauche. En tout cas, la démarche de Nicolas Sarkozy est non seulement démocratique par la concertation des mesures à prendre sur l’assistanat et l’immigration, mais très astucieuse. C’est en effet, une manière habile de traiter le sujet …. Il interroge le peuble, lui demande de choisir plutôt que d’imposer des mesures impopulaires pour un certain nombre. Une belle manière de leur clouer le bec tout en étant toujours fidèle à sa ligne de pensée ! Je souscris pleinement convaincue de ses valeurs. Il faut en effet encourager les vraies valeurs comme l’honnêteté, le travail plutôt que le travail au noir et l’assistanat. Pourquoi certains devraient tout payer pour que d’autres en profitent sans contribuer à leur part dans la société ? L’honnêteté doit être respectée et privilégiée et tant pis si ça ne fait pas sympa … ou politiquement correct : on assume ….

  5. Math

    La lecture de cet article est le reflet de la politique menée et le regret de n’avoir fait plus. Il a du courage d’annoncer des mesures qui ne font pas l’unanimité . Il aurait voulu faire plus c’est son regret et il l’avoue. Quel candidat à ce jour a su faire le point sur sa responsabilité en tant que chef de l’Etat!!!! J’entends souvent les retraites auraient du être mises au vote su peuple. Mais cette mesure était urgente et au vu des manifestations elle aurait “capotée” . Donc cette grande force d’avoir fait adopter ce texte IL a sauvé le régime des retraites. Quant à l’emploi, là aussi il faut remettre un peu d’ordre. Il demande l’avis des français, alors là une partie de la population s’y oppose. Qui peut dire su’il n’a jamais “râle’ devant des gens qui profitaient du système et s’y complaisaient. A une époque, j’ai eue l’expérience de recourir au système , et les personnes qui se présentaient ne voulaient pas le travail car pour gagner à l’époque quelques francs de plus ne valaient pas la peine de se lever si tôt , ils refusaient. Dans certains métiers il y a pénurie de personnels alors oui si chacun se sent concerné, l ‘avis du peuple comptera. Il a un quinquènat où il nous a fait passer au XXIéme siècle, on ne va pas lui le reprocher. La presse n’a fait aucun relais auprès de ses électeurs et cela est bien triste car pendant cinq ans il n’a pas cessé de s’occuper de la France et de placer notre pays au centre de l’Europe et être respecté dans le monde entier. N’oublions pas la place que nous occupons à ce jour au sein de l’ONU,de L’EUROPE… Nous sommes un pays qui sort grandi . Je suis fier d’appartenir à ce courant de pensées de droits et de devoirs. Lorsqu’il se sera déclaré, je pense que le niveau du débat sera enfin “porteur de propositions et de clarté dans la gouvernance de la FRANCE.

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