Pierre Bérat

Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Citoyen engagé de Lyon 3e

Zizanie

A quelques heures de Noël, Gérard Collomb a retiré sa délégation à son adjoint Vert Etienne Tête. Le timing était parfait pour limiter l’impact médiatique. Mais d’évidence, il s’agit d’un événement politique marquant. Sans doute l’affaire présente-t-elle un aspect de relations « personnelles » mais elle est aussi un nouveau signe des tensions politiques croissantes entre le PS et les Verts.

On a pu constater aussi ces derniers mois que l’alliance PS-Verts du Conseil régional s’est déchirée sur des dossiers importants (le soutien à la candidature d’Annecy pour les  JO2018, le soutien au photovoltaïque, le subventionnement d’un important centre de loisirs…). Au niveau du 3e arrondissement, le dossier « stationnement payant » a donné lieu à une volée de bois vert ( si j’ose dire) entre les Socialistes et les Verts, les premiers acceptant d’évidence difficilement la simple expression d’une voie dissonante : d’un côté on voulait limiter le nombre de voitures par famille, de l’autre il fallait prélever plus d’argent aux ménages. Rebelote lors du conseil d’hier, sur le dossier des aménagements de voirie rendus nécessaires par le Grand stade : le désaccord sur le projet est total et en plus la “confiance” entre les partenaires s’est “envolée” (ambiance !).

La proximité des élections régionales, qui verront s’affronter listes Europe Ecologie et listes socialistes, en plus de celles du Front de gauche, explique ce durcissement. Mais il ne s’agit là que d’un révélateur d’une mutation plus profonde : celle qui voit l’affirmation d’une force politique, Europe-Ecologie, alors que le PS au mieux patine, voire décline, empêtré dans ses contradictions idéologiques et ses querelles d’ego. Conséquence, les notables PS sont mobilisés pour endiguer cette montée électorale et préserver leurs fiefs ; pas étonnant puisque compte tenu des rapports de force, le PS devrait laisser près de la moitié des présidences des régions qui seront conservées. Le PS se retrouve ainsi dans la situation du PCF des années soixante-dix. Cécile Duflot est très claire quand elle dit que les électeurs de gauche doivent choisir entre un président PS ou un président Vert (dans l’hypothèse d’une victoire bien sûr…).

Et alors me direz-vous ? Laissons les psychodrames se dérouler et les évolutions politiques se faire. Certains ne manqueront pas de dire que tout cela va se tasser, et qu’une fois les élections régionales passées, cela sera de nouveau « embrassons-nous Folleville ». Je ne saurais trop appeler les électeurs à la prudence. Les divergences « idéologiques » sont importantes. Même si les « intérêts » amèneront à trouver les moyens de recoller les morceaux entre les deux tours, on voit bien que sur de nombreux dossiers clés pour Rhône-Alpes (le développement économique, la mobilité, la politique agricole, la sécurité dans les transports régionaux et les lycées…), une nouvelle majorité rose-verte serait synonyme de marchandages permanents et donc d’absence de stratégie claire de développement régional ; surtout si l’on ajoute un zeste de rouge et de orange-rose à la coalition. Bref, la Région deviendrait encore plus qu’aujourd’hui un « bateau ivre », alors même que la collectivité régionale devrait au contraire assumer un rôle d’entraînement majeur dans l’après-crise.

Un dernier élément pour ceux qui croient à la thèse du rabibochage post scrutin. N’oubliez pas que l’élection présidentielle et les législatives se présenteront très rapidement. La lutte pour le leadership reprendra de plus bel dès la fin 2010, quels que soient les résultats des Régionales

Pierre Bérat

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7 Comments

  1. Alto

    On peut même se demander si il l’a écrit tout seul….?

  2. anonyme

    Sur le plan national et à propos de divergences idéologiques portées par les verts elles sont de taille en effet, je viens d’en découvrir une stupéfiante :
    oser concevoir une politique de décroissance en proposant notamment une baisse des allocations familiales pour empêcher les familles d’avoir un troisieme enfant en invoquant tenez vous bien : ” un coût écologique par enfant européen comparable à 620 trajets Paris New-York ” Citation d’Yves Cochet député vert rapporté par un hebdomadaire , il ya de quoi frémir avec leurs théories !! quasi malthusienne pour celle ci …danger …!
    Et d’autres fusent tout azymut, mieux vaut les connaitre et les identifier ! et baliser des gardes-fous!!
    Du pain sur la planche pour la et les campagnes à venir!
    On compte sur vous Mr Berat …

  3. Pierre BERAT

    @ Alto, mais encore ?

  4. Abraracourcix

    Etienne Tete qui s’oppose au projet du Grand Stade : l’OL Land : 240 millions d’Euros public pour un projet privé (!) , qui va permettre à l’une des 500 première fortune de France de gagner encore plus d’argent !

  5. @ Pierre : Je ne sais pas si tu as lu la presse cette semaine mais l’UMP n’apparaît pas comme particulièrement réunie sur la question de l’OL Land … je ne citerai que les noms de ceux que l’on retrouve sous la plume des journalistes locaux et qui illustrent la cacophonie sur ce dossier : Michel Havard et Robert Thevenot …

  6. Pierre BERAT

    @ Griffon, le mot “cacophonie” est largement excessif. Une première remarque : ce n’est pas la même chose d’avoir des divergences dans un bloc d’opposition ou dans un bloc majoritaire. Dans le 2e cas, cela porte sur la politique qui est conduite.
    Ensuite sur ce dossier, il y a différents niveaux de discussion. En l’occurence pour le vote auquel tu fais référence, il s’agit du lancement de la concertation sur les aménagements du tramway T3 liés au Grand stade. Ensuite, il peut y avoir débat sur le niveau d’engagement des pouvoirs publics pour accompagner le projet de Grand stade. Enfin, il peut y avoir divergences sur le meilleur site pour conduite ce projet.
    Les choses sont par contre bien différentes lorsqu’il y a des divergences dans la majorité sur le projet d’un Grand stade en tant que tel, c’est-à-dire sur l’importance que l’on accorde, pour le développement d’une métropole, au football et à un grand équipement de niveau international.

  7. sans souci

    Lors du débat organisé par LYON CAPITALE avec les têtes de liste, Mrs MEYRIEU et QUEYRANNE n’ont eu de cesse de se courtiser l’un l’autre, du style “je t’aime moi non plus”.

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